UE: Vienne s'opposera à l'ouverture de nouveaux chapitres avec la Turquie

06/08/16 à 20:54 - Mise à jour à 20:54

Source: Belga

(Belga) Vienne s'opposera à l'ouverture de nouveaux chapitres de négociations pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, en raison notamment de l'ampleur de la répression depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet, a annoncé le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz.

UE: Vienne s'opposera à l'ouverture de nouveaux chapitres avec la Turquie

UE: Vienne s'opposera à l'ouverture de nouveaux chapitres avec la Turquie © BELGA

"J'ai voix au chapitre au conseil (européen) des ministres des Affaires étrangères, où il sera décidé si un nouveau chapitre sera ouvert avec la Turquie. Et j'y suis opposé", a-t-il déclaré dans un entretien à paraître dimanche dans le quotidien Kurier. Les décisions au sein de ce conseil doivent être prises à l'unanimité. Cette position est partagée par le chancelier social-démocrate Christian Kern, qui s'efforcera de son côté de "convaincre d'autres chefs d'Etat et de gouvernement qu'il faut mettre un terme aux négociations d'adhésion avec la Turquie" lors du sommet européen du 16 septembre, a ajouté le ministre conservateur. La relance des négociations d'adhésion UE-Turquie, tout comme l'exemption de visas pour les ressortissants turcs, sont les principales contreparties exigées par Ankara pour continuer à bloquer le flux de migrants vers l'Europe, selon les termes d'un accord conclu avec les Vingt-Huit en mars. Sceptique depuis plusieurs mois sur le bien-fondé de cet accord arraché par la chancelière allemande Angela Merkel, l'Autriche a multiplié les passes d'armes avec Ankara ces derniers jours, durcissant de jour en jour sa position en raison de l'ampleur des purges décrétées par le président turc Recep Tayyip Erdogan. Mercredi, M. Kern avait appelé l'UE à cesser les pourparlers d'adhésion de la Turquie, mais sans brandir ouvertement la menace d'un veto de son pays. M. Kurz a de son côté appelé de façon répétée ses partenaires européens à organiser la gestion du flux de réfugiés de façon indépendante de la Turquie, afin de ne pas "dépendre" de cet Etat. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a lui-même évoqué récemment un risque "élevé" de voir l'accord capoter. Il a prévenu jeudi, qu'une rupture des négociations serait une "grave erreur de politique étrangère". (Belga)

Nos partenaires