UE : la N-VA rompt le consensus belge sur la taxe europénne

27/04/11 à 16:22 - Mise à jour à 16:22

Source: Le Vif

La N-VA s'est prononcée mercredi au Parlement contre une augmentation des ressources propres de l'Union européenne, notamment par la création d'un impôt européen. Selon les nationalistes, l'Europe ne serait pas suffisamment démocratique pour cela.

UE : la N-VA rompt le consensus belge sur la taxe europénne

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A l'occasion d'un débat conjoint entre les commissions des finances du Sénat et de la Chambre sur le cadre budgétaire pluriannuel de l'UE post-2013, le député N-VA Steven Vandeput s'est dit partisan d'une union confédérale d'Etats souverains, lesquels alloueraient chacun une dotation à l'Europe.

La Commission européenne présentera en juin prochain un projet de cadre budgétaire pluriannuel pour l'UE, lequel est à l'heure actuelle alimenté essentiellement par des contributions directes des Etats membres, ce qui génère régulièrement d'importantes tensions politiques entre partenaires européens.

Une taxe européenne ?

Pour remédier à cette situation, l'idée circule d'octroyer à l'Union une ressource financière propre, comme une partie fixe sur les recettes TVA en Europe par exemple, ou une taxe carbone notamment, ce qui est loin toutefois de faire l'unanimité parmi les chancelleries européennes, ainsi qu'auprès des formations eurosceptiques.

L'opposition exprimée par la N-VA envers une ressource propre pour l'Union a immédiatement suscité les critiques des autres formations politiques, traditionnellement pro-européennes, Vlaams Belang excepté.

"Pour la première fois, ce Parlement est traversé par une ligne de fracture d'où émergent les Vrais Finlandais", a notamment commenté le sénateur Frank Vandenbroecke, en écho à ce parti nationaliste finlandaise opposé aux plans de sauvetage européens.

Plusieurs députés, dont les Flamands Hendrik Bogaert (CD&V), Dirk Van der Maelen (sp.a) et Gwendolyn Rutten (Open Vld), ont également demandé à la N-VA comment elle pouvait prôner une plus grande responsabilisation financière pour les entités fédérées, mais ne financer l'Europe que sur base de dotations nationales.

Pour Frank Vandenbroucke, l'attitude de la N-VA met un terme au consensus qui existait jusqu'ici entre formations démocratiques sur l'Europe. "En fait, la N-VA plaide pour un système purement intergouvernemental. Mais croit-elle que la Flandre aura plus de pouvoir dans pareil système? ".

Et appuie le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures

La N-VA appuie l'initiative franco-italienne visant à permettre un rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen en cas de vague d'immigration importante, a indiqué mercredi la députée Daphné Dumery.

L'arrivée récente en Europe -par l'Italie- de quelque 25.000 Africains, principalement des Tunisiens, a provoqué ces dernières semaines de tensions en Europe. Peu désireux de garder sur son territoire des migrants dont la plupart cherchent à rejoindre la France, le gouvernement italien leur a octroyé des permis de séjour temporaires valables dans tout l'espace Schengen, au grand dam de Paris.

Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre italien Silvio Berlusconi ont essayé mardi d'aplanir leurs divergences lors d'un sommet bilatéral à Rome. Sans régler leur différend, il ont demandé d'adapter les règles de Schengen pour faciliter le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures. L'Italie envisage de recourir à un tel mécanisme pour freiner l'immigration en provenance d'autres pays d'arrivée d'immigrés, comme la Grèce.

La N-VA est sur la même longueur d'onde. "L'immigration massive devrait tomber dans les circonstances exceptionnelles permettant de rétablir temporairement les frontières intérieures", a souligné Daphné Dumery dans un communiqué de presse. "Le traité doit être adapté en sorte que les pays puissent décider de leur propre initiative d'organiser des contrôles".

A l'instar de la France, la Belgique a déjà décidé, dans le cadre des règles actuelles, de renforcer les contrôles dans les aéroports. Les Tunisiens qui ne pourraient pas justifier de moyens de subsistance ou qui ne pourraient établir la nature touristique de leur voyage, seront renvoyés en Italie. Selon un porte-parole du secrétaire d'Etat Melchior Wathelet, ces contrôles aléatoires, effectués sur base de profiling de la police, n'ont toutefois pas montré d'arrivée importante.

Mme Dumery demande que les contrôles soient dès à présent renforcés, dans les ports, les trains internationaux et sur les routes. M. Wathelet a déjà fait savoir au parlement qu'il n'y était pas favorable.

Le Vif.be, avec Belga

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