Turquie: un des journalistes les plus réputés reconnu inculpé de "propagande terroriste"

30/12/16 à 19:47 - Mise à jour à 19:50

Source: Belga

(Belga) Ahmet Sik, l'un des journalistes turcs les plus réputés, a été inculpé vendredi à Istanbul de "propagande terroriste" pour plusieurs publications, selon des médias officiels, après des arrestations qui soulèvent des inquiétudes sur la liberté d'expression.

Turquie: un des journalistes les plus réputés reconnu inculpé de "propagande terroriste"

Turquie: un des journalistes les plus réputés reconnu inculpé de "propagande terroriste" © BELGA

Connu pour sa plume irrévérencieuse et ses enquêtes corrosives, le journaliste avait été arrêté la veille. Il est poursuivi notamment pour des tweets qualifiés de propagande en faveur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé terroriste par la Turquie, selon l'agence officielle Anadolu. Il lui est également reproché des articles critiquant les services secrets turcs dans le quotidien Cumhuriyet, un opposant au président Recep Tayyip Erdogan. Ce journal a été décapité le mois dernier avec l'arrestation de son patron, de son rédacteur en chef et d'une douzaine de ses journalistes. Ahmet Sik, lauréat du Prix mondial de la Presse UNESCO/Guillermo Cano en 2014, est surtout connu pour son livre "L'Armée de l'Imam", publié en 2011, qui affirme révéler comment les partisans du prédicateur Fethullah Gülen ont infiltré la bureaucratie turque et scellé une alliance avec le pouvoir en place. Ancien allié du président Recep Tayyip Erdogan, dont il est devenu la bête noire, M. Gülen est désigné par Ankara comme l'instigateur du putsch manqué de juillet et vit actuellement aux Etats-Unis. Selon l'agence Anadolu, Ahmet Sik avait également été accusé par le passé de faire de la propagande pour le parti d'extrême gauche DHKP-C et pour Fethullah Gülen. Ahmet Sik avait déjà été emprisonné en 2011 et 2012 ainsi que 375 jours durant l'enquête sur le réseau "Ergenekon" accusé d'avoir fomenté un coup d'Etat en 2013. Son inculpation intervient au lendemain de la remise en liberté de la célèbre romancière turque Asli Erdogan qui risque toutefois, comme ses huit co-accusés, la prison à vie pour appartenance à une "organisation terroriste", après avoir collaboré à un journal prokurde Ozgür Gündem. Les purges et les vagues d'arrestations qui ont suivi la tentative de putsch du 15 juillet ont soulevé de vives inquiétudes en Europe sur la liberté de la presse et d'expression en Turquie. La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) en 2016, derrière le Tadjikistan et juste devant la République démocratique du Congo. (Belga)

Nos partenaires