Turquie: respecter les droits fondamentaux est crucial pour protéger la démocratie

19/07/16 à 01:43 - Mise à jour à 01:43

Source: Belga

(Belga) Respecter les droits fondamentaux comme la liberté d'expression et la tenue de procès en bonne et due forme est crucial pour préserver la démocratie en Turquie, a prévenu l'ONU lundi tandis que les autorités turques procèdent à des purges après le putsch manqué.

De son côté, l'ambassadeur de Turquie à l'ONU a réclamé le soutien de la communauté internationale, et pas des critiques. "La Turquie espère, souhaite recevoir du soutien, pas des conseils ou des critiques", a indiqué Yasar Halit Cevik à des journalistes. "Nous aurions aimé que le Conseil de sécurité prenne position dans les meilleurs délais. C'est important". Selon des diplomates, l'Egypte a bloqué samedi une déclaration du Conseil de sécurité qui avait été proposée par les Etats-Unis après consultation avec Ankara. Ce texte devait dénoncer la tentative de coup d'Etat. En revanche, à l'instar de l'ONU, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Otan ont averti Ankara qu'il était crucial de respecter l'Etat de droit, face aux représailles d'ampleur lancées par le pouvoir. Plus de 7.500 personnes, y compris des hauts gradés de l'armée, ont été placées en détention, et près de 9.000 policiers, gendarmes et fonctionnaires ont été limogés dans le sillage de la tentative de coup d'état dans la nuit de vendredi à samedi pour renverser le président turc Recep Tayyip Erdogan. "L'ordre constitutionnel doit être totalement préservé en vertu des principes de démocratie et des droits fondamentaux, y compris le respect total de la liberté d'expression et de réunion et de procès en bonne et due forme", a affirmé lundi Farhan Haq, porte-parole des Nations unies. "Ces éléments sont cruciaux pour préserver la démocratie de la Turquie et sa future stabilité", a-t-il ajouté. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait appelé vendredi à un retour rapide et pacifique du pouvoir civil en Turquie. "Les Nations unies continuent de rester fermement aux côtés de la Turquie et de sa démocratie pendant ce moment difficile", a poursuivi M. Haq. L'ONU a réaffirmé son opposition à la peine de mort, soulignant que les pays l'ayant abolie ne devraient pas revenir en arrière. Le chef de l'Etat islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a réitéré lundi sur la chaine américaine CNN qu'il n'écartait pas le rétablissement de la peine de mort après le coup d'Etat manqué à la veille du week-end. "Mais évidemment, il faudra une décision parlementaire pour que cela prenne effet sous forme d'une mesure constitutionnelle", a-t-il ajouté, considérant que le coup de force mené par un groupe de militaires constituait un "délit évident de traitrise". Ankara a aboli la peine de mort en 2004 dans le cadre de sa candidature à l'Union européenne. (Belga)

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