Tunnels bruxellois: Charles Michel répète l'offre d'un soutien fédéral

28/01/16 à 18:46 - Mise à jour à 21:26

Source: Belga

Le premier ministre Charles Michel a répété jeudi à la Chambre l'offre d'un soutien fédéral à Bruxelles pour résoudre le problème de mobilité qu'elle connaît, au lendemain d'une très vive polémique autour d'une réunion du comité de concertation.

Tunnels bruxellois: Charles Michel répète l'offre d'un soutien fédéral

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"Nos bras sont ouverts vers la Région", a assuré M. Michel. La mobilité dans la capitale constitue, à ses yeux, un "enjeu crucial" qui implique une "approche globale" et des "solutions durables". Dès lors que le problème des tunnels a été connu, le gouvernement fédéral par la voie de Didier Reynders, en charge de l'accord Beliris, s'est d'ailleurs tourné vers la Région bruxelloise.

Or, au cours de la réunion de mercredi, le gouvernement bruxellois a annoncé qu'une étude était en cours, sans rien préciser de la stratégie et de la méthodologie qui seraient suivies, a constaté le premier ministre. En compagnie de M. Bourgeois, il a fait part de sa stupéfaction devant le peu de réponses de la Région, rapportait mercredi une source gouvernementale. La réaction du ministre-président Rudy Vervoort n'a pas tardé: personne n'a exprimé le moindre embarras ou étonnement pendant la réunion. Selon lui, il s'agit d'une "tentative de manipulation".

Ce n'est pas la première fois qu'une réunion du comité de concertation révèle un climat tendu entre le fédéral et les entités fédérées dirigées par le PS. "Nous devons redoubler d'efforts pour donner une chance au fonctionnement optimal du comité", a ajouté M. Michel, tout en soulignant que cette exigence n'exonérait pas "des débats démocratiques".

L'opposition s'est montrée sévère. "La Région bruxelloise a été traînée dans la boue une nouvelle fois et vous avez joué le jeu de votre partenaire de coalition: la N-VA", a lancé Laurette Onkelinx (PS). "L'ensemble de la population a été atterrée de voir l'image donnée par le comité de concertation", a affirmé pour sa part Catherine Fonck (cdH) "Hier, c'est un jeu dangereux que vous avez joué, qui peut être tentant à court terme mais qui risque de laisser des traces à moyen et long terme", a averti Marcel Cheron (Ecolo).

La N-VA a été le seul parti flamand à s'exprimer. Hendrik Vuye a fustigé la gestion de la Région bruxelloise depuis sa création en 1989, et ce malgré l'argent qu'elle aurait reçu régulièrement. "A nouveau, ça ne marche pas", a-t-il déploré. Et de prendre la défense du premier ministre: "Certains utilisent le comité de concertation pour vous rendre responsable des problèmes des tunnels bruxellois".

Le MR a fustigé le temps perdu par l'exécutif régional. "En tant que Bruxellois, j'ai honte", a dit Philippe Pivin avant de plaider pour un accompagnement fédéral afin de "regagner le temps perdu". Le député libéral a aussi rejeté l'idée d'un péage à l'entrée du tunnel Léopold II. "Aujourd'hui, le stationnement est déjà tellement taxé que ce serait un comble".

Face à la polémique, le PTB a plaidé pour une réfédéralisation de la politique de mobilité. "Je constate qu'il y a une volonté de plus en plus grande de la population de revenir sur ce morcellement des compétences", a souligné Marco Van Hees.

Une catastrophe prévisible depuis 2013

Un rapport de Bruxelle Mobilité de 2013 faisait déjà le point sur l'état des tunnels bruxellois et les risques d'une mise hors-service.

Ce rapport, qu'a consulté la RTBF, soulignait déjà à l'époque l'urgence de la situation et avait été commandé en 2007 par Pascal Smet, le ministre bruxellois de la Mobilité. Le rapport fait état d'infrastructures "très vétustes".

Selon la RTBF, ce travail d'analyse réalisé par l'administration n'aurait pas servi à grand-chose. En effet, cet avis ne s'est jamais retrouvé sur la table du gouvernement bruxellois précédent.

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