Tuerie de Liège: l'OIP regrette que les réponses du politique ne soient que sécuritaires

06/06/18 à 14:04 - Mise à jour à 14:10

Source: Belga

(Belga) La section belge de l'Observatoire international des prisons (OIP) regrette dans un communiqué mercredi que les seules réponses du politique aux "failles" constatées dans les prisons à l'occasion de la tuerie de Liège ne soient que sécuritaires. Benjamin Herman, l'homme qui a semé la mort mardi dernier dans la Cité ardente, bénéficiait d'un congé pénitentiaire au moment des faits. Le ministre de la Justice, Koen Geens, a notamment annoncé lundi en commission de la Chambre diverses pistes pour un meilleur suivi des détenus dits radicalisés.

Le ministre Koen Geens a émis l'idée, lundi, d'imposer un traitement aux détenus radicalisés, comme pour les délinquants sexuels. Le suivi de ce "traitement" conditionnerait l'octroi de congés pénitentiaires, un régime de détention restreinte, etc. L'OIP met en avant que nombre de détenus sont en demande de formation, d'emploi, d'activités en prison, de soins de santé conformes... "mais (que) l'offre est totalement insuffisante en raison des choix politiques effectués par le ministre lui-même". L'observatoire s'étrangle aussi en entendant certains parlementaires soumettre l'idée de prolonger la détention des condamnés radicalisés alors qu'ils sont arrivés en fin de peine. "Le spectre de Guantanamo va-t-il planer sur la Belgique?", s'interroge-t-il ainsi. "Cette idée est populiste et impraticable, ce que le ministre ne peut ignorer." "Seule la radicalisation violente doit être une préoccupation, un mode de pensée radical étant permis dans une société démocratique. Si tel n'était pas le cas, certains membres du gouvernement ne manqueraient pas de se retrouver derrière les barreaux!", s'exclame l'OIP. Enfin, l'OIP s'oppose au report de l'accès à la libération conditionnelle à la moitié de la peine seulement et non plus au tiers, comme le prévoit le plan Justice 2015 du ministre Geens. Cela serait "contre-productif si l'on veut éviter la récidive" et "paradoxal lorsqu'on déclare vouloir que davantage de détenus soient preneurs d'une sortie encadrée et d'une réinsertion réussie", conclut-il. (Belga)

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