Troubles en Iran - Khamenei accuse les "ennemis" de l'Iran

02/01/18 à 14:51 - Mise à jour à 14:59

Source: Belga

(Belga) Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a brisé son silence mardi et accusé les "ennemis" de l'Iran de s'unir pour porter atteinte au régime, au sixième jour d'un mouvement de contestation sans équivalent depuis 2009 et marqué par des violences.

Au total, 21 personnes - dont 9 dans la nuit de lundi à mardi - ont été tuées depuis le 28 décembre, début des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir à Machhad (nord-est), qui se sont rapidement propagés à l'ensemble de l'Iran. Les autorités ont déployé des forces de sécurité supplémentaires pour faire face à ce mouvement antigouvernemental, qui ne paraît pas être particulièrement structuré, notamment à sa tête. Dans sa première déclaration depuis le début des "événements", l'ayatollah Khamenei a assuré à la télévision d'Etat que "les ennemis (de l'Iran) s'étaient unis en utilisant leurs moyens, leur argent, leurs armes (...) et leurs services de sécurité pour créer des problèmes au régime islamique". Ils n'attendent qu'"une occasion pour s'infiltrer et porter des coups au peuple iranien", a-t-il dit, sans élaborer sur ces "ennemis". Les autorités accusent des "fauteurs de troubles" armés de s'infiltrer parmi les manifestants et certains dirigeants ont pointé du doigt le rôle présumé de "contre-révolutionnaires" basés à l'étranger. Le général Rassoul Sanaïrad, l'adjoint politique du chef des Gardiens de la révolution, a ainsi affirmé que les Moudjahidines du peuple "avaient été chargés par les Al-Saoud (la famille qui règne sur l'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran) et certains pays européens de créer de l'insécurité", selon l'agence Tasnim. Le vice-ministre iranien de l'Intérieur, Hossein Zolfaghari, s'est voulu optimiste. "Dans la plupart des régions du pays, les gens coopèrent avec les forces chargées du maintien de l'ordre et de la sécurité. Les récents troubles provoqués dans certains endroits vont finir très vite", a-t-il déclaré selon plusieurs médias. Les rassemblements antigouvernementaux, qui se poursuivent en dépit du blocage de réseaux sociaux utilisés pour appeler à manifester, sont les plus importants depuis le mouvement de 2009 contre la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad. Accusant une "petite minorité" de "fauteurs de troubles", l'actuel président Hassan Rohani a assuré que "le peuple allait leur répondre" tout en ajoutant que le gouvernement était déterminé à "régler les problèmes de la population", en particulier le chômage (12% de la population active). (Belga)

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