Travailleurs frontaliers: la France veut une "compensation fiscale" du Luxembourg

21/11/16 à 18:42 - Mise à jour à 22/11/16 à 08:51

Source: Belga

(Belga) La France souhaite "ouvrir une discussion" avec le Luxembourg sur une "compensation" par son voisin des impôts que des dizaines de milliers de travailleurs frontaliers français y payent, a indiqué lundi un représentant du gouvernement français à Luxembourg.

Travailleurs frontaliers: la France veut une "compensation fiscale" du Luxembourg

Travailleurs frontaliers: la France veut une "compensation fiscale" du Luxembourg © BELGA

Selon le gouvernement français, le nombre de frontaliers se rendant au Luxembourg pour travailler - environ 90.000 aujourd'hui - pourrait plus que doubler à l'horizon 2035, avec des coûts importants pour la France. Cette mobilité accrue a des conséquences sur "les investissements faits en France, comme les infrastructures de transport, mais aussi le financement de la dépendance, de l'accompagnement des personnes âgées, et de la petite enfance", a déclaré à l'AFP le secrétaire d'Etat français en charge des questions européennes, Harlem Désir, à l'issue d'une réunion avec le gouvernement luxembourgeois. M. Désir a expliqué qu'il souhaitait "ouvrir une discussion sur la compensation fiscale" des impôts payés par les travailleurs français au Luxembourg, qui représentent presque le quart de l'emploi intérieur luxembourgeois (405.600 personnes). "Ces travailleurs paient leurs impôts à la source au Luxembourg et vivent en France dans des collectivités qui sont amenées à investir ou à prendre en charge les dépenses liées à leur situation", a-t-il insisté. Face à l'argumentaire français, les ministres luxembourgeois rétorquent avoir lourdement investi dans les routes et le rail. "Le Luxembourg a investi un milliard d'euros (1,7% du PIB luxembourgeois) ces dernières années dans les infrastructures", a ainsi affirmé Corinne Cahen, ministre luxembourgeoise chargée de la Grande Région, un groupement européen de coopération territoriale centré sur le Luxembourg, à cheval sur la Belgique, la France et l'Allemagne. Parmi les différents projets détaillés, Mme Cahen a notamment évoqué 200 millions d'euros investis dans la partie luxembourgeoise de l'autoroute reliant Luxembourg-Ville à Thionville, l'une des principales agglomérations pourvoyeuse de travailleurs au Luxembourg. L'axe, saturé, doit passer de deux à trois voies, mais les discussions sur le financement en France de l'A31 (prolongement de l'A3 luxembourgeoise) s'éternisent. (Belga)

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