Thaïlande: arrestation d'une femme pour lèse-majesté conspuée par la foule

16/10/16 à 12:49 - Mise à jour à 12:53

Source: Belga

(Belga) La police thaïlandaise a arrêté dimanche une femme pour diffamation royale à la suite d'un message Facebook relatif au prince et au régent, après des pressions exercées par une foule en colère réunie devant un commissariat.

Thaïlande: arrestation d'une femme pour lèse-majesté conspuée par la foule

Thaïlande: arrestation d'une femme pour lèse-majesté conspuée par la foule © BELGA

La Thaïlande possède l'une des lois de lèse-majesté les plus sévères au monde. Connue sous le nom d'"article 112", ce texte prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, le reine, son héritier ou le régent. "Une plainte a été déposée vendredi contre une utilisatrice de Facebook", a expliqué Thewes Pleumsud, de la police de Bo Pub sur l'île de Samui (sud). "Nous l'avons retrouvée. Elle se cachait chez une amie. Une fois au poste de police, nous l'avons forcée à présenter des excuses en public face au portrait du roi", a-t-il ajouté. Il a précisé que le message en question ne concernant pas le "défunt roi mais l'héritier et le régent". Sur des vidéos très partagées sur les réseaux sociaux, on peut voir la foule lancer des insultes à la femme. Depuis la mort jeudi de Bhumibol Adulyadej, roi vénéré, la police a fait état de plusieurs manifestations de ce genre dans le pays. Comme le prince héritier ne montera sur le trône qu'au plus tôt dans un an, c'est Prem Tinsulanonda, principal conseiller du roi qui est devenu régent, comme le veut la Constitution. Depuis l'arrivée de la junte au pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les poursuites se sont multipliées et les sentences alourdies. En août 2015, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une femme à 28 ans après avoir publié sur Facebook plusieurs messages jugés insultants pour la famille royale. D'après le dernier rapport de l'ONG de défense des droits de l'Homme iLaw, 66 personnes ont été poursuivies pour lèse-majesté depuis mai 2014 et 53 sont incarcérées. Avant le coup d'Etat, 6 personnes étaient derrière les barreaux. (Belga)

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