Tentative de coup d'Etat en Turquie - Les demandes d'aide de journalistes turcs à la FEJ ont plus que doublé depuis mi-juillet

12/09/16 à 13:49 - Mise à jour à 13:49

Source: Belga

(Belga) Les demandes d'aide et d'assistance de journalistes turcs à la Fédération européenne des journalistes (FEJ) ont "plus que doublé" après le coup d'Etat manqué qui s'est déroulé en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet dernier, a fait savoir Mehmet Koksal chargé de projets auprès de la FEJ lors d'une conférence à Bruxelles sur les implications du putsch avorté pour les journalistes et les activistes des droits de l'homme en Turquie.

Tentative de coup d'Etat en Turquie - Les demandes d'aide de journalistes turcs à la FEJ ont plus que doublé depuis mi-juillet

Tentative de coup d'Etat en Turquie - Les demandes d'aide de journalistes turcs à la FEJ ont plus que doublé depuis mi-juillet © BELGA

La FEJ dénombre une centaine de journalistes emprisonnés en Turquie; parmi eux plus de 60 l'ont été après le 15 juillet. "Les demandes d'aides auprès de la FEJ ont plus que doublé depuis le coup d'Etat manqué. Elles émanent principalement de journalistes pro Gülen (intellectuel exilé accusé d'avoir fomenté le putsch raté, NDLR) et kurdes", explique M. Koksal. Les demandes d'aide sont diverses et concernent autant la présence d'un membre de la fédération à un procès, comme une assistance pour quitter le pays ou pour une demande d'asile. La conférence co-organisée par la FEJ et la FIJ (Fédération internationale des journalistes) a accueilli l'activiste et compositeur turc Sanar Yurdatapan, venu apporter son témoignage sur la situation au niveau de la liberté d'expression dans le pays. Selon M. Yurdatapan, "on peut compter les médias indépendants sur les doigts de la main". Au niveau de la télévision, 80% des chaînes sont sous contrôle étatique et 20% sont opposées au gouvernement, la presse ne compte plus de journaux indépendants et plusieurs sites d'information indépendants sont bloqués et ne sont ainsi pas accessibles depuis le territoire turc, selon la FEJ. M. Yurdatapan est revenu sur l'importance de sensibiliser l'opinion publique à la situation en Turquie: "Si on est actif au sein de la société civile, on peut faire bouger les choses en influençant les dirigeants de son propre pays par le biais d'actions citoyennes visant à sensibiliser l'opinion publique. C'est une première étape dans la bonne direction." En Belgique, la FEJ souhaite lutter pour la liberté d'expression en Turquie en "fournissant d'abord des informations et en sensibilisant nos dirigeants, nos médias afin d'éviter qu'ils soient influencés par la propagande", indique M. Koksal. "Nous n'appelons pas à un boycott, ni à diaboliser le gouvernement d'Erdogan. Nous exigeons simplement qu'aucune exception ne soit tolérée sur l'Etat de droit et sur les garanties des droits fondamentaux. L'état d'urgence ne peut pas tout justifier", conclut Mehmet Koksal. (Belga)

Nos partenaires