Tentative de coup d'Etat en Turquie - Erdogan dit à l'Occident de "se mêler de ses affaires"

30/07/16 à 00:24 - Mise à jour à 00:24

Source: Belga

(Belga) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé vendredi l'Union européenne et les Etats-Unis à "se mêler de leurs affaires", après les critiques des Occidentaux contre les vastes purges qui ont suivi le coup d'Etat raté du 15 juillet.

Tentative de coup d'Etat en Turquie - Erdogan dit à l'Occident de "se mêler de ses affaires"

Tentative de coup d'Etat en Turquie - Erdogan dit à l'Occident de "se mêler de ses affaires" © BELGA

"Certains nous donnent des conseils. Ils se disent inquiets. Mêlez-vous de vos affaires! " a déclaré M. Erdogan depuis le palais présidentiel à Ankara. Le chef de l'Etat turc a regretté qu'aucun représentant occidental ne soit venu en Turquie après le coup d'Etat. "Ces pays dont les leaders ne sont pas inquiets pour la démocratie turque, ni pour la vie de nos citoyens et leur avenir alors qu'ils sont tellement préoccupés par le sort des putschistes, ne peuvent pas être nos amis", a-t-il ajouté. Il a précisé que dans un geste de bonne volonté il abandonnait des centaines de poursuites en justice lancées contre des personnes accusées de l'avoir insulté. Un des leaders de l'opposition est notamment poursuivi pour insulte ainsi qu'environ 2.000 autres personnes, selon des chiffres officiels. A ce jour, plus de 18.000 personnes ont été mises en garde à vue à un moment donné à la suite du putsch. Près de 10.000 d'entre elles sont poursuivies et placées en détention préventive, a dit le ministre de l'Intérieur turc vendredi, et 3.500 ont été libérées. Plus de 130 médias ont été fermés et près de la moitié des généraux de l'armée ont été démis après le putsch raté de la nuit du 15 au 16 juillet. L'Union européenne a mis en garde implicitement la Turquie contre un gel des négociations d'adhésion du pays à l'UE si les poursuites contre les putschistes ne se font pas dans le respect de l'Etat de droit. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a été un pas plus loin, estimant que l'accord entre l'UE et la Turquie pour freiner l'afflux de réfugiés en Europe de l'Ouest risquait de capoter, dans un entretien à paraître samedi dans le quotidien autrichien Kurier. (Belga)

Nos partenaires