Tensions avec la Corée du Nord - Tillerson à Pyongyang: "Rencontrons-nous, parlons de la météo si vous voulez"

13/12/17 à 00:57 - Mise à jour à 00:59

Source: Belga

(Belga) Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un est déterminé à faire de son pays la "puissance nucléaire la plus forte", a souligné mercredi l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Mardi aux Etats-Unis, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a de son côté laissé entendre que Washington est prête à s'asseoir à la table des négociations avec Pyongyang "sans condition préalable", une nouvelle illustration de l'impasse dans laquelle le conflit autour des ambitions balistiques et nucléaires du régime nord-coréen s'est enfoncé.

"Il n'est pas réaliste de dire 'nous allons discuter avec vous seulement si vous venez à la table des négociations prêts à abandonner votre programme'" nucléaire, a indiqué mardi Tillerson, lors d'une conférence à Washington. Jusqu'ici, les Etats-Unis affirmaient pourtant que toute négociation ne pouvait porter que sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. "Ils ont bien trop investi là-dedans", a postulé le chef de la diplomatie américaine mardi, au sujet du développement de missiles intercontinentaux et d'armes nucléaires par le régime de Pyongyang. Une crainte confirmée dans un discours tenu mardi par Kim Jong-un devant des employés du programme balistique, que l'agence KCNA a rapporté mercredi. Le dirigeant nord-coréen s'y vante que son pays "va de l'avant victorieusement et va devenir la puissance nucléaire et militaire la plus forte au monde". Alors que les tensions ne semblent que grimper depuis l'arrivée à la Maison Blanche du président Donald Trump, Pyongyang a encore effectué fin novembre un nouveau tir d'essai, d'un missile balistique intercontinental. Le régime nord-coréen prétend disposer désormais des outils lui permettant de frapper l'intégralité du territoire américain, avec possibilité de placer une tête nucléaire sur un projectile de longue portée. Les batteries de sanctions économiques imposées à Pyongyang au sein du Conseil de sécurité de l'ONU et les appels de Washington à augmenter la pression sur le régime dictatorial ne semblent pas avoir entrainé de ralentissement de ses programmes nucléaire et balistique. Si Washington a récemment réitéré un appel à couper toute relation commerciale et diplomatique avec la Corée du Nord, appel rejeté par Pékin et Moscou, les Etats-Unis ne ferment pas pour autant la porte à la possibilité de négociations, a semblé dire Rex Tillerson mardi. "Nous avons dit, du côté diplomatique, que nous sommes prêts à discuter dès que la Corée du Nord voudra discuter", a expliqué Rex Tillerson. "Nous sommes prêts à tenir une première réunion sans condition préalable." Rex Tillerson a toutefois rappelé, comme par le passé, que des discussions ne pourraient intervenir qu'après "une période de calme". "Ce serait difficile de parler si au milieu de notre discussion vous décidez de tester un autre engin", a-t-il estimé. "Rencontrons-nous, parlons de la météo si vous voulez, ou discutons pour savoir s'il faut une table carrée ou ronde si c'est ce qui vous fait plaisir. Mais au moins voyons nous face à face et ensuite on pourra commencer à établir une feuille de route de ce vers quoi nous voudrions aller", a détaillé le secrétaire d'Etat. (Belga)

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