Témoignages : "Cela paraissait totalement irréel"

23/03/16 à 11:22 - Mise à jour à 11:19

Nombreux sont ceux qui ont assisté, vécu de près ou de loin les attentats qui ont frappé l'aéroport de Zaventem et le métro bruxellois à la station Maelbeek hier. Certains ont livré leur témoignage via plusieurs médias.

Témoignages : "Cela paraissait totalement irréel"

© Belga

Zaventem : "Pendant une demi-minute, c'était l'incompréhension totale"

Une dame, présente à l'aéroport de Zaventem, attendait pour enregistrer ses bagages au moment de la double explosion. Elle raconte à L'Avenir : " Je n'ai pas vu grand-chose, j'ai entendu d'abord une déflagration qui a eu lieu probablement à une vingtaine de mètres de moi, avec une énorme fumée blanche, des gens qui ont commencé à courir en venant de cette direction. Et puis, quinze-trente secondes plus tard, une déflagration beaucoup plus proche, avec tout le faux plafond de l'aérogare qui a commencé à tomber sur les passagers, et là c'était la panique".

Une jeune femme, qui se trouvait dans un autre endroit de l'aéroport, a aussi été confrontée à ce vent de panique : "On achetait quelque chose à manger et là, quelqu'un est passé au-dessus d'une barrière, a commencé à hurler 'Courez, courez'. Il nous disait 'il y a une bombe', et tout le monde a commencé à courir. Il y a eu plusieurs mouvements de foule. Et puis on a dû rester dans le Gate A, mais on n'a rien entendu. Après une heure, on a pu partir sur le tarmac et on a été évacués. "

Alexandre Dammous, avocat, sortait du parking de l'aéroport pour se rendre au terminal des départs. Il s'est confié à France 24 : " Il était environ 8 heures lorsque la première explosion a eu lieu, un niveau juste au-dessus de là où je me trouvais. Il y a d'abord eu le bruit, difficile à décrire, qui ne ressemble pas au 'bang' qu'on entend dans les films d'action. C'est plutôt comme une onde de choc, comme si l'air se diffusait dans une immense déflagration." Il se souvient d'un nuage de fumée, provenant probablement de l'effondrement des faux plafonds. Il n'a pas tout de suite compris ce qu'il se passait : "Pendant une demi-minute, c'était l'incompréhension totale. Les secours et les militaires ont très vite commencé à évacuer ceux qui étaient à l'intérieur de l'aéroport. J'ai vu un homme avec le pied arraché, des gens pisser le sang et des corps sur des brancards recouverts entièrement par un drap. C'est alors devenu affreusement réel avec le bruit des cris des enfants, des sirènes et des militaires qui hurlent leurs ordres. Le brouhaha était tel que je n'ai même pas entendu la deuxième explosion."

Maelbeek : "C'est le chauffeur qui a fait évacuer les passagers"

Charles Declercq, critique cinéma pour la Radio Chrétienne Francophone, se rendait hier à une projection de presse à Kinepolis. Monté dans le premier wagon de la rame de métro, pour effectuer un changement à Beekkant plus facilement, il était plongé dans son livre au moment du drame : "En arrivant à Maelbeek - mais je dis ça a posteriori, parce, tout à mon livre, je n'avais aucune idée de l'endroit où je me trouvais - j'ai senti et entendu une déflagration, une explosion. Une partie de cette première rame était engagée dans la station elle-même, je pense. C'est le chauffeur qui a fait évacuer les passagers", raconte-t-il sur sa page Facebook. "A ce moment-là, j'ai aussi pensé que notre instinct de survie nous disait de sortir mais que, dans la cohue, on pourrait écraser des gens en sortant. Une vitre du métro avait explosé, on est sortis par là. Ensuite, j'ai entendu la voix d'une dame qui disait "Par ici, par ici". Je l'ai suivie. On suivrait n'importe qui, dans ces cas-là..."

Caroline C., interviewée par La Libre, était assise dans le métro de Maelbeek au moment de l'explosion : "J'ai entendu que ça a pété au moment de rentrer dans le tunnel, j'ai vu une grosse fumée avec une lumière orange. Des débris nous sont tombés dessus et puis toute ma rame a pu sortir par les portes qui se sont ouvertes. Cela paraissait totalement irréel, on ne comprenait pas trop ce qu'il se passait ! Les gens étaient relativement calmes mais pressés de sortir."

Un journaliste de l'AFP était dans le métro qui suivait celui qui a explosé à Maelbeek. "Ça n'est pas arrivé tout de suite mais on a senti comme un souffle, une chaleur. Le train s'est arrêté. Ça a duré un peu longtemps. Puis on nous a évacués. On est passé le long du train jusque dans la station et c'était impressionnant. Le train précédent était complètement détruit".

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