TC Gand - Trente ans requis à l'encontre du quadragénaire qui avait décapité sa compagne

16/01/18 à 22:40 - Mise à jour à 22:41

Source: Belga

(Belga) Le procureur a requis mardi devant le tribunal correctionnel de Gand 30 ans de réclusion à l'encontre d'un homme de 43 ans qui avait décapité sa compagne car il la considérait comme un vampire, selon ses explications.

Les faits datent de janvier 2014. Kris V.M., de Vurste (Flandre orientale), avait décapité sa compagne et expliqué à son père qu'il pensait qu'elle était un vampire. Un an et demi auparavant, l'individu avait été admis dans un hôpital pour des crises aigües de paranoïa. Celles-ci se seraient à nouveau manifestées début 2014. La nuit des faits, il dit avoir été réveillé par des voix qui lui demandaient de "sauver le monde" et de "tuer le vampire qui se trouvait à ses côtés". Il a d'abord étouffé la victime avant de l'emmener dans la cuisine, où il lui a tranché la tête et l'a jetée dans l'évier. Ni la famille de la victime ni le procureur n'ont cru à cette version. "Il tente de manière inouïe d'échapper à sa peine", s'est exclamé le représentant du ministère public. Pour autant, le procureur ne pense pas que le prévenu simule sa psychose, mais il estime que son état résulte du fait qu'il ne supportait plus la relation libre dans laquelle il était engagé avec la victime. Jaloux et méfiant, "il a tenté dès le début de jouer la carte de la psychose", a ajouté le procureur. Comprenant rapidement qu'un court épisode ne suffirait pas à convaincre, il se serait alors embarqué dans une version nettement plus élaborée. "Après les faits, il a mis ses chaussures et sa veste, et a fermé la porte à clé avant de se rendre chez ses parents. Un comportement trop raisonné pour quelqu'un en état de psychose." De son côté, la défense se dit convaincue de son état psychotique. Les avocats du prévenu ont plaidé l'irresponsabilité des actes. Ils contestent également le réquisitoire. Selon eux, suite à l'annulation par la Cour constitutionnelle des dispositions de la loi Pot-pourri II qui visent à ce que la quasi-totalité des crimes puissent dorénavant être jugés par les tribunaux correctionnels, leur client ne devrait encourir que 20 ans de prison au maximum. Ils évoquent de récents réquisitoires en ce sens à Hasselt et Anvers pour étayer leur argumentaire. Devant la cour, le prévenu s'en est tenu à sa version. "Ce qui est arrivé est horrible, elle était tout pour moi. Je demande de la compréhension." "On ne te croira jamais", a répondu la famille de la victime. Outre 30 ans de réclusion, dix ans de mise à disposition du tribunal de l'application des peines ont été requis. Jugement le 13 mars. (Belga)

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