Survol de Bruxelles : révélations sur les retouches au plan Wathelet

05/06/14 à 12:02 - Mise à jour à 12:02

Source: Le Vif

Le grand virage à gauche au départ de la piste 25R de Zaventem est modifié depuis le 29 mai. D'autres changements sont en vue pour soulager les communes survolées. Explications.

Survol de Bruxelles : révélations sur les retouches au plan Wathelet

© Image Globe

Il y a du neuf sur le front des communes bruxelloises touchées par le plan Wathelet. L'une des mesures du plan, entrée en vigueur le 6 février dernier, prévoit le dédoublement du virage à gauche pour les avions qui décollent de la piste 25R de Bruxelles-National. Pour rappel, ce virage a, pendant dix ans, envoyé massivement les avions sur l'est de Bruxelles (une partie des deux Woluwe) et sa périphérie (Wezembeek-Oppem, Kraainem...). Les partis de la majorité fédérale, MR, PS et CDH en tête, ont reconnu que cette concentration n'était plus acceptable. Ils ont approuvé l'éclatement des survols, un principe d'ailleurs appliqué de longue date pour les avions qui, au décollage, virent à droite vers les communes flamandes du Noordrand (quatre routes aériennes y sont en service, survolant Meise, Wemmel, Grimbergen...).

En clair, depuis février, un "petit virage" à gauche expédie toujours des avions sur l'Oostrand (l'est de la capitale) et un virage à gauche plus large en dirige d'autres (la majorité) vers l'autoroute des Ardennes, via certains quartiers d'Etterbeek, Auderghem et Watermael-Boitsfort. Dans ces quartiers peu touchés jusqu'à cette année par le trafic aérien, les riverains survolés, relayés par des édiles, se sont mobilisés pour réclamer le retrait du plan Wathelet, ce qui se traduirait par une nouvelle concentration des nuisances sonores sur l'est de Bruxelles. Des experts plancheraient actuellement sur un rééquilibrage du trafic, nous confie un spécialiste du dossier, réorientant vers l'Oostrand les vols de certaines compagnies aériennes qui empruntent actuellement le virage large.

Le virage large modifié

Dans l'immédiat, une décision vient d'être mise en oeuvre, sur proposition de Belgocontrol : depuis le 29 mai, la "radiale" du grand virage à gauche a été modifiée, afin de réduire les nuisances aériennes, en particulier à Etterbeek et Watermael-Boitsfort, comme le révèle le numéro du Vif/L'Express paru cette semaine. Ce virage n'était pas correctement respecté par les avions à cause de l'imprécision de certains ordinateurs de bord, selon le cabinet Wathelet. Le survol de Bruxelles et de sa périphérie refera inévitablement surface lors des négociations gouvernementales. C'était d'ailleurs déjà le cas lors de la formation des précédents gouvernements.

L'attention se portera également sur un autre front : le "plan Wathelet corrigé", concocté début mai par le secrétaire d'Etat CDH, est en effet appelé à revenir bientôt sur le tapis. Le gouvernement flamand a engagé une procédure en conflit d'intérêts contre ces mesures correctives destinées à soulager quelque peu les Bruxellois survolés. Elio Di Rupo aurait, nous glissent nos sources, lui-même soufflé l'idée du conflit d'intérêts à Kris Peeters, le ministre-président CD&V du gouvernement flamand. Objectif : gagner du temps, calmer les esprits à quelques jours des élections, le dossier du survol de Bruxelles déstabilisant la majorité gouvernementale.

Résultat : les instructions données à Belgocontrol sont suspendues. Elles prévoyaient notamment l'utilisation, à certains moments, de la piste 19, donc de la ''route Ikea'', qui envoie les avions décollant de Zaventem vers Sterrebeek et d'autres communes flamandes. D'où une levée de boucliers, surtout conduite, nous dit-on, par le député et échevin CD&V de Zaventem, Eric Van Rompuy. Lorsqu'un conflit d'intérêts oppose deux gouvernements, un comité de concertation est saisi. Il dispose de soixante jours - donc jusque début juillet - pour rendre une décision. Si les membres du comité ne parviennent pas à trancher, aucun recours n'est prévu : le gouvernement mis en cause - en l'occurrence le fédéral - peut poursuivre la politique qui était contestée...

L'intégralité de cette enquête dans le numéro du Vif/L'Express de cette semaine.

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