Soudanais torturés - Une carte blanche des frères Dardenne appelle au départ de Theo Francken

02/01/18 à 07:03 - Mise à jour à 07:04

Source: Belga

(Belga) "Le moment est grave parce qu'il concerne un principe que tout État de droit se doit de respecter: on ne peut rapatrier des demandeurs d'asile dans un État pratiquant la torture, dans un État où la torture pour ces rapatriés est possible", peut-on lire dans une carte blanche signée par Jean-Pierre et Luc Dardenne et publiée mardi dans Le Soir et De Standaard. Dans cette lettre adressée au Premier ministre Charles Michel, les deux cinéastes s'offusquent de la gestion du dossier soudanais par le gouvernement fédéral, et demandent ouvertement à son chef de forcer à la démission le secrétaire d'Etat N-VA à l'Asile et la Migration Theo Francken.

"Si votre gouvernement avait le sens de la responsabilité politique, il aurait déjà demandé, c'est-à-dire obligé, son Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration de démissionner sans entrer dans des discussions relatives à des enquêtes dont les résultats seront toujours contestables, ou à ses erreurs, fautes, manquements déontologiques, mensonges", entament ces deux figures majeures du cinéma belge. "Pourquoi votre gouvernement ne prend-il pas cette décision?", s'interrogent-ils, apportant sans attendre un élément de réponse, "trop évidente": "vous, Monsieur le Premier ministre et la majorité de votre gouvernement, donnez raison au Secrétaire d'État concernant le rapatriement des réfugiés soudanais ou plus précisément n'osez pas lui donner tort car la question des migrants est électoralement sensible, beaucoup trop sensible". Faisant le constat d'un "pur calcul électoral", et d'un "manque de courage politique", les frères Dardenne ont tenu à dire leur "incompréhension" et leur "colère de citoyens". Alors que le principal intéressé a encore souligné dimanche sur VTM qu'il ne comptait nullement quitter son poste, l'appel des frères Dardenne vient notamment renforcer la récente sortie du président du CD&V Wouter Beke, et les appels à la démission relayés samedi par quelques centaines de manifestants à Bruxelles. (Belga)

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