Soudan du Sud: rapport accablant sur les Casques bleus, leur commandant limogé

01/11/16 à 19:41 - Mise à jour à 19:43

Source: Belga

(Belga) Les Casques bleus au Soudan du Sud ont réagi de manière "chaotique et inefficace" aux violences de juillet à Juba et n'ont pas su protéger les civils d'agressions sexuelles, selon un rapport de l'ONU publié mardi et qui a conduit au limogeage de leur commandant.

L'ONU a annoncé le "remplacement immédiat" du commandant de la force de l'ONU sur place (Minuss), le général kenyan Johnson Mogoa Kimani Ondieki. Le rapport souligne que la force onusienne "a échoué à répondre" à l'incursion le 11 juillet de soldats sud-soudanais dans un hôtel abritant des employés d'organisations internationales et proche d'une base des Nations unies. Selon l'organisation Human Rights Watch, plusieurs employées étrangères avaient été violées et un journaliste sud-soudanais abattu devant témoins. L'enquête, dirigée par le général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert, met en cause des lacunes de commandement, "le manque de préparation" des Casques bleus face à l'imminence prévisible d'une reprise des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles sud-soudanais et une "aversion aux risques" les rendant réticents à user de la force pour protéger les civils. Même deux mois après la fin des affrontements de juillet à Juba, note le rapport, la force de l'ONU ne patrouillait pas régulièrement à pied ou de nuit hors de ses bases. Et quand les Casques bleus patrouillaient, ils se contentaient de "surveiller les alentours derrière les minuscules vitres de leurs véhicules blindés", ce qui les rendait "incapables de repérer des responsables de violences sexuelles" ou de rassurer la population locale. Les Casques bleus de la Minuss, au nombre de 13.500 environ, avaient déjà été vivement critiqués pour leur comportement lors de l'attaque meurtrière d'un camp des Nations unies à Malakal (nord-est du Soudan du Sud) en février. Une précédente enquête interne avait conclu que certains d'entre eux avaient abandonné leur poste ou refusé de défendre les civils par la force. (Belga)

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