Soins de santé, comment s'y retrouver dans la jungle des tarifs?

30/03/11 à 16:31 - Mise à jour à 16:31

Source: Le Vif

Test Achats dénonce un manque généralisé d'information sur les traitements médicaux, en particulier sur les coûts dans les hôpitaux. Eclairage.

Soins de santé, comment s'y retrouver dans la jungle des tarifs?

© Belga

Des renseignements incomplets ou pas objectifs dans certains hôpitaux, sur des sites web ou via les pouvoirs publics, c'est ce qui ressort d'une série d'enquêtes menées par Test Achats dans le domaine des soins de santé.

La question que le patient se pose est pourtant simple: combien coûtera telle consultation, tel traitement, ou une admission à l'hôpital? La loi établit que le citoyen doit pouvoir disposer d'un certain nombre d'informations. Les hôpitaux, par exemple, ont l'obligation de fournir trois documents légaux : la déclaration d'admission, sur laquelle le patient doit mentionner une série de choix, un document explicatif concernant la déclaration d'admission et la liste des tarifs des produits et services les plus fréquents. D'après les résultats de Test Achats, un hôpital sur cinq ne délivre pas les informations requises, ni les renseignements oraux auxquels le patient a également droit.


Un médecin non conventionné coûte davantage Il est important de savoir que les tarifs varient notamment en fonction du statut du médecin. En vertu de la loi, ce statut doit être communiqué au patient. Sachant, donc, que son médecin est conventionné ou pas, à quoi le citoyen doit-il s'attendre ? Les médecins conventionnés ne sont autorisés à demander des suppléments d'honoraires que si le patient a explicitement choisi une chambre individuelle. Pourtant, il arrive que le patient, mal renseigné, se fasse avoir et paie un supplément même pour une chambre à deux lits ou commune.

Les médecins non conventionnés, eux, peuvent toujours demander des suppléments d'honoraires, quel que soit le type de chambre choisi par le patient. L'hôpital peut tout de même fixer des plafonds pour les suppléments d'honoraires.

La même situation peut se présenter chez le dentiste : un dentiste non conventionné peut coûter de 10% à 20% de plus que le tarif officiel. "Si le statut du dentiste était affiché clairement dans la salle d'attente comme le prévoit la loi" souligne Test-Achats "le patient saurait, à tout le moins, qu'il risque de se voir facturer des suppléments élevés".

Etant donné que les suppléments sont essentiels pour la bonne santé financière des hôpitaux, mais pèsent sur le citoyen, Test Achats plaide pour une restructuration du mode de financement des hôpitaux réduisant ces suppléments, voire même les interdisant pour les chambres à deux lits ou communes.


Information scientifique ou communication commerciale ?
Le net et les médias en général grouillent d'informations médicales. Ce qui pose problème, c'est le caractère souvent commercial de ces renseignements. Test-Achats a démontré que les firmes pharmaceutiques ont tout intérêt à présenter l'approche médicamenteuse comme la solution par excellence, même quand cela n'est pas vrai. Les pouvoirs publics diffusent aussi, parfois, des informations dont l'objectivité n'est pas garantie, comme dans le cas du programme de dépistage du cancer du sein lancé par la Province de Liège il y a dix ans. Il faut donc toujours rester vigilant face à une information qui tend à exagérer les avantages et à minimiser les risques.


Le point de contact patient Une initiative a été prise il y a quelques années par Test-Achats, et a été confirmée récemment par la législation européenne. Il s'agit du point de contact patient (www.contactmedicaments.be), qui donne au patient la possibilité de partager ses expériences et problèmes en matière de médicaments (prix, usage, effets secondaires, etc.). Une information claire et exacte est nécessaire, surtout chez les seniors, qui abusent parfois de médicaments sans connaitre les risques aux quels ils s'exposent.


Alice Siniscalchi

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