SNCB : la grève se poursuit, les grévistes seront "punis"

30/05/16 à 15:20 - Mise à jour à 22:09

Source: Belga

La réunion entre les syndicats du rail et les directions de HR Rail, Infrabel et la SNCB s'est conclue sans accord lundi vers 16h30. CGSP/ACOD et CSC/ACV ont fait part du rejet de leurs militants de la proposition faite vendredi dernier par HR Rail, ont-ils indiqué. La direction a dit ne pas pouvoir accepter le retrait demandé de la circulaire et a prévenu que les cheminots en grève depuis mercredi dernier seraient "punis".

SNCB : la grève se poursuit, les grévistes seront "punis"

La gare des Guillemins, à Liège. © Belga

Les négociations semblent être dans l'impasse. "Il n'y a eu aucune avancée", a confirmé le président de la CGSP Cheminots en sortant des locaux d'HR Rail. "Il n'y a même pas eu de débat", a pour sa part déploré Marianne Lerouge, responsable du rail pour la CSC Transcom.

La proposition de la direction de HR Rail a été rejetée par les deux syndicats. La décision a été plus nuancée chez le syndicat chrétien, où certaines régions se sont montrées plus ouvertes que d'autres aux modifications suggérées par HR Rail vendredi.

L'employeur juridique du personnel de la SNCB et d'Infrabel a pris acte des rejets, a dit "ne pas pouvoir faire de contre proposition", a précisé Luc Piens de l'ACV. Les directions ont enfin annoncé aux représentants syndicaux que les "punitions allaient tomber" sur les cheminots grévistes, ont rapporté Mme Lerouge et M. Abdissi. La forme que prendront les sanctions n'est pas encore définitive, les comités directionnels doivent encore se consulter mardi, mais elles penchent pour "un avertissement sévère et une retenue de 12,5 euros sur les primes", indique HR Rail.

"Des milliers de cheminots disent qu'ils en ont assez, mais la direction ne réalise pas l'ampleur du mouvement", selon M. Abdissi, qui avait déjà critiqué la sortie du ministre de l'Emploi Kris Peeters. Celui-ci avait estimé dimanche que les travailleurs de la SNCB qui se mettaient en grève sans préavis devaient recevoir une amende. "Ca ne fait qu'empirer les choses alors qu'il est l'heure de chercher des solutions", a-t-il déclaré.

La CSC regrette quant à elle que le débat ne soit pas élevé. "Tout le monde est conscient qu'il existe des dysfonctionnements au sein de la SNCB", argumente Marianne Lerouge. "Il y a des solutions, nous avons des propositions", ajoute-elle, déplorant qu'à l'heure actuelle il n'y ait aucune ouverture de débat. "Il faut prendre le temps de réformer en profondeur, d'avoir une vision sur le long terme pour le rail." La concertation actuelle ne permet cependant pas d'avoir un débat serein, selon la représentante CSC. "Le message de la direction est le même que celui du gouvernement: 'je prends la décision et on peut juste discuter des modalités de son exécution'."

Malgré le manque d'avancées, syndicats et directions se retrouveront à nouveau mercredi à 8h, les services publics étant en grève mardi.

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