SNCB: aucun accord, la grève du rail continue

01/06/16 à 19:26 - Mise à jour à 22:26

Source: Belga

Les directions des chemins de fer se sont dites prêtes, mercredi lors d'une nouvelle réunion avec syndicats, à suspendre, jusqu'à la mi-juin et la tenue d'une commission paritaire nationale, la circulaire litigieuse sur les jours de crédits, à condition que les syndicats appellent leurs affiliés à mettre un terme immédiatement à leurs actions de grève, a indiqué HR Rail dans un communiqué.

SNCB: aucun accord, la grève du rail continue

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Les directions des chemins de fer belges ont parlé "de suspendre la circulaire litigieuse, mais toujours de manière conditionnée. On fait du surplace", a déploré Michel Abdissi, secrétaire général de la CGSP Cheminots, au sortir d'une nouvelle réunion de conciliation qui s'est terminée mercredi vers 19h00. "Nous aurions été prêts à accepter la proposition du ministre Bellot, mais on nous a répondu que la concertation sociale devait se faire autour de la table", a également expliqué Marianne Lerouge, responsable générale du secteur rail de la CSC Transcom.

Le ministre de la Mobilité, François Bellot, s'est dit "ouvert au fait qu'on suspende la circulaire (sur les jours de crédit, NDLR) pour autant que simultanément les syndicats suspendent leurs actions de grève".

Dans un communiqué, HR Rail, l'employeur juridique du personnel de la SNCB et d'Infrabel, rapporte que, durant la réunion, "les directions se sont engagées à suspendre la circulaire litigieuse jusqu'à la commission paritaire nationale, sous condition que les organisations reconnues appellent leurs affiliés à mettre fin immédiatement aux actions".

Mais, selon les représentants des syndicats, les directions n'ont pas plié sur leur volonté d'augmenter la productivité des travailleurs. Elles ont bien mis à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la commission paritaire nationale la suppression d'un jour de crédit par 18 jours d'absence pour cause de maladie ainsi que la suppression du jour férié extra-légal du 15 novembre à partir de 2016.

La commission paritaire nationale devra aussi se pencher sur une mesure qui permette "d'atteindre l'objectif de productivité escompté" à partir de 2017. Cette réunion a été fixée au 15 juin, alors que vendredi dernier on parlait du 30 juin, a critiqué Michel Abdissi. "On nous demande de trouver des solutions en deux semaines, mais il nous faudrait deux mois pour faire une analyse fine de la situation", a-t-il ajouté. "Les directions ne comprennent pas le ras-le-bol des travailleurs."

Aucun accord

"Nous étions prêts à parler du temps de travail. Certains travailleurs veulent bien travailler plus si le salaire suit, tandis que d'autres cherchent un meilleur équilibre travail-vie privée. On essaye d'être innovants, modernes, mais il y a un blocage total du côté des directions. Cela devient vraiment frustrant", a précisé Marianne Lerouge.

Les quatre heures de réunion de ce mercredi n'ont débouché sur aucun accord. Aucune nouvelle réunion n'a été planifiée. Les syndicats, tant francophones que flamands, rencontreront leurs instances jeudi pour faire le point et prendre position. Mais la CGSP Cheminots devrait logiquement maintenir son mouvement de grève. "La question d'un appel à la grève sera discutée", a indiqué pour sa part Mme Lerouge, alors que jusqu'ici la CSC Transcom n'appelait pas officiellement à la grève. "Le front commun reste uni. Il n'y a pas de clivage nord-sud, quoi qu'on puisse en dire", a enfin assuré Michel Abdissi, ce que les autres représentants syndicaux ont confirmé.

Le mouvement de grogne des travailleurs trouve son origine dans une circulaire de HR Rail visant à réduire les "jours de crédit". La mesure annoncée avec effet rétroactif dès le 1er janvier 2016 consiste à ne pas comptabiliser les jours où les cheminots ne travaillent pas (parce qu'ils sont en congé ou malades) dans le calcul des jours de crédit, sorte de jours de récupération. Selon les syndicats, cette mesure est injuste car les jours de crédit compensent le fait que les cheminots reçoivent un salaire correspondant à un travail de 36h/semaine alors qu'ils en prestent 38 ou 40.

Le point sur la circulation des trains de ce jeudi 2 juin

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