Shame : au moins 34.000 personnes ont manifesté à Bruxelles

24/01/11 à 07:30 - Mise à jour à 07:30

Source: Le Vif

Environ 34.000 personnes selon la police, et 45.000 selon les organisateurs, se sont rassemblées dimanche après-midi pour participer à la manifestation citoyenne SHAME qui entendait dénoncer l'absence de gouvernement en Belgique.

Shame : au moins 34.000 personnes ont manifesté à Bruxelles

© Belga

Derrière des pancartes indiquant "De la bière, des frites et un gouvernement", des slogans tels que "Je crie pour sauver mon pays" ou encore des parodies de chansons comme "Si t'as pas de gouvernement, tape dans les mains", les manifestants ont défilé sans heurts. A l'exception de l'interpellation de 5 activistes du Taal Aktie Komitee (TAK), la police n'a constaté aucun autre incident durant la manifestation.

21% de Flamands

Selon un sondage du Soir en collaboration avec le bureau Dedicated, le cortège de la manifestation était composé de 44% de Bruxellois, de 35% de Wallons et de 21% de Flamands.

Les motivations principales des manifestants étaient l'attachement à la Belgique unie (16%), la demande d'une formation rapide d'un gouvernement (15%) et l'expression d'un ras le bol du monde politique (13%).

Les manifestants étaient principalement âgés de 25 à 34 ans (25%) et de plus de 55 ans (24%). Dix-huit pourcent avaient également entre 18 et 24 ans.

Ce sondage a été réalisé auprès de 1.008 manifestants sur l'ensemble du parcours. La marge d'erreur est de 3,5pc.

"Se rassembler dans la solidarité et la confiance"

Des huées se sont toutefois faites entendre aux abords du 16 rue de la Loi et devant le siège du CD&V. Lors des discours tenus à la fin de la manifestation au Cinquantenaire, les organisateurs ont quant à eux rappelé que l'événement avait été organisé dans un esprit de solidarité et de confiance. "En quelques jours, cinq jeunes ont réussi à créer cet événement rassembleur, là où les politiciens échouent depuis 223 jours", s'est notamment félicité Thomas Royberghs, l'un des organisateurs.

"Se rassembler sans tenir compte des barrières politiques, culturelles et sociales qui sont censées nous différencier. Se rassembler dans la solidarité et la confiance. Se rassembler dans l'optique que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare", ont encore souligné les organisateurs en français, néerlandais, allemand et anglais.

Les jeunes initiateurs ont toutefois admis que leur action était "un peu naïve" et "vide de solution ou de contenu" mais "est-il si naïf de demander que l'on fasse primer l'intérêt général à l'intérêt d'un parti ou d'une communauté? ", se sont-ils demandé.

Peu d'hommes et de femmes politiques étaient présents lors de la manifestation. "Ce sont également des citoyens mais personnellement, j'aurais trouvé hypocrite qu'ils soient présents. Ceci dit, nous n'avons pas été mis en contact avec eux aujourd'hui", a encore expliqué Thomas Royberghs.

Les cinq initiateurs espèrent enfin que leur manifestation, qui avait débuté à la gare du Nord pour se disloquer au Cinquantenaire, sera le début d'un mouvement de protestation plus important.

Le rassemblement était une réussite, selon les éditorialistes

Le succès de la manifestation a été souligné lundi dans les éditoriaux publiés par la presse francophone.

"L'audience de Shame est d'autant plus significative que l'initiative est revenue à des jeunes; que tous les âges et profils linguistiques l'ont peuplée; qu'elle s'est défendue de préférences politiques sans verser globalement dans l'antipolitisme", souligne La Libre Belgique. Le journal considère également qu'il est préférable de voir une opinion éveillée qu'amorphe.

Le Soir estime quant à lui que cette mobilisation a prouvé que la génération web ne gère pas sa vie en cercle fermé, loin des préoccupations du monde extérieur. Cet événement a par ailleurs démontré que "le Nord du pays n'est pas monolithique et qu'une partie jusqu'ici silencieuse de la population flamande souhaite que ce pays fonctionne".

De son côté, Sudpresse qualifie de "geste fort" cette mobilisation. "Les partis appelés à négocier doivent répondre, dans les prochains jours, à cette inquiétude grandissante. Ils doivent stopper cette stratégie de l'enlisement aussi inutile qu'inefficace", a encore souligné le journal.

La Dernière Heure regrette pour sa part que certains partis aient essayé de récupérer l'événement, citant notamment Ecolo et le cdh qui se sont réjouis du succès de l'initiative. "Pour leur information, Shame, cela signifie -honte-. Et cette honte dénoncée par la foule, ce dimanche à Bruxelles, c'est celle de tous les partis participant aux négociations depuis plus de sept mois, et incapables de conclure un accord".

Le Vif.be, avec Belga

Nos partenaires