Seul un euro par an et par élève pour éduquer aux médias en Fédération Wallonie-Bruxelles

25/05/18 à 15:21 - Mise à jour à 15:21

Source: Belga

Le Conseil supérieur de l'éducation aux médias (CSEM) de la Fédération Wallonie-Bruxelles fête cette année ses 10 ans d'existence. Le décret qui l'a créé a en effet été adopté le 5 juin 2008. L'heure pour cet organisme de tirer un bilan: ses moyens sont clairement insuffisants pour promouvoir l'éducation aux médias de tous les francophones de Belgique.

Seul un euro par an et par élève pour éduquer aux médias en Fédération Wallonie-Bruxelles

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Un budget annuel d'1,1 million d'euros lui est accordé chaque année, "soit un euro par élève (de l'enseignement maternel, fondamental, secondaire et supérieur)", déplore vendredi Tanguy Roosen, vice-président du CSEM.

Éduquer aux médias est devenu de plus en plus primordial dans un environnement médiatique qui évolue constamment et avec l'apparition de phénomènes "souvent inquiétants" tels que la désinformation et les fake news, les théories du complot, le cyberharcèlement, etc. "Le monde politique est unanime sur l'importance de l'éducation aux médias mais la mise en oeuvre entre en complète contradiction avec ce discours", s'alarme Patrick Verniers, président du CSEM. "La volonté politique se traduit souvent par le budget consenti" et celui-ci est trop maigre, renchérit M. Roosen.

Le budget annuel accordé depuis 10 ans, sans indexation, est d'1,1 million d'euros. "Pas suffisant" pour le Conseil. "Cela équivaut à un euro par an et par élève de la Fédération Wallonie-Bruxelles", compte le vice-président. "Les chiffres sont encore plus catastrophiques si on les applique à toute la population: 0,22 euro par habitant de la Fédération" est dédié à l'éducation médiatique.

Le Conseil déplore dès lors le décalage entre les ambitions instituées par le décret et les moyens financiers accordés. Tous les cinq ans, le décret est évalué. Après dix ans d'existence, le CSEM espère qu'une réflexion sera ainsi menée pour "optimiser et développer" ses activités. "Les années 2018 et 2019 marquent un tournant et nous sommes inquiets de la manière dont le politique prend au sérieux la question. On perçoit peu d'intérêt", regrette le président du Conseil.

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