Séparation d'un iceberg géant: un défi pour les écosystèmes de l'océan Austral

12/07/17 à 18:47 - Mise à jour à 18:49

Source: Belga

(Belga) La séparation (vêlage) du continent Antarctique d'un gigantesque iceberg, mercredi, représente "un défi pour les écosystèmes de l'océan Austral", mais aussi une "opportunité" pour les scientifiques, affirment une dizaine de spécialistes du Comité scientifique pour la recherche antarctique (SCAR), qui organise son 12e symposium cette semaine à Louvain.

Cet iceberg de mille milliards de tonnes, deux fois plus grand que le Grand Duché de Luxembourg, faisait partie d'une gigantesque plateforme de glace, nommée "Larsen C". "Les habitats sous la plateforme ont évolué dans l'obscurité totale et vont maintenant être exposés à la lumière pour la première fois depuis des milliers d'années", soulignent les scientifiques. "Toute la chaîne alimentaire de cette région va être modifiée par la libération d'algues microscopiques englacées qui supportaient un écosystème entier, y compris le krill et les mammifères marins", poursuivent-ils. Le vêlage d'icebergs peut également provoquer des changements majeurs dans les courants océaniques et les conditions de glace. "Cela représente une opportunité unique d'étudier les facteurs qui régissent les écosystèmes marins", précisent les scientifiques. La formation des icebergs est un processus naturel, mais le réchauffement de l'air et des océans contribue à l'accélérer. "Les nouveaux modèles s'intéressant à l'évolution du climat en Antarctique prédisent une augmentation de la fréquence de ce type d'événements dans les décennies à venir. C'est pourquoi il est impératif que nous puissions comprendre l'impact de ce phénomène sur la biodiversité dans la région", ajoutent-ils. "Larsen C" était fissuré depuis des années par une gigantesque crevasse, qui s'est encore allongée de manière spectaculaire ces derniers mois, gagnant jusqu'à 18 km durant le seul mois de décembre. Début juillet, le futur iceberg n'était ainsi plus relié au continent Antarctique que sur cinq kilomètres. "Larsen C" pourrait suivre l'exemple de Larsen B, une autre barrière de glace qui s'était désintégrée en 2002, sept ans après le vêlage d'un iceberg. (Belga)

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