Sébastien Joris s'explique tandis que l'opposition dénonce une faute de Jambon

28/11/16 à 18:36 - Mise à jour à 19:00

Source: Belga

L'officier de liaison de la police fédérale à Istanbul, Sébastien Joris, s'est expliqué lundi à huis clos devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats terroristes du 22 mars. L'opposition attend maintenant du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, qu'il justifie les accusations qu'il avait lancées contre cet homme trois jours après les attentats.

Sébastien Joris s'explique tandis que l'opposition dénonce une faute de Jambon

Sébastien Joris, l'officier de liaison à Istanbul. © BELGA

"Il n'y a pas eu de faute individuelle dans le chef de l'officier de liaison", a affirmé la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx, qui a vanté les qualités de M. Joris, travailleur acharné et assidu à l'entendre mais aussi très seul avec une assistante pour couvrir la Turquie.

LIRE AUSSI: Attentats de Bruxelles: nouvelles sueurs froides pour Jan Jambon?

L'opposition souhaite comprendre pourquoi le ministre de l'Intérieur a chargé cet homme, l'accusant d'avoir manqué de proactivité et expliquant la raison du "ratage" d'Ibrahim El Bakroui par son attitude. Elle a réclamé son audition devant la commission d'enquête.

"Les déclarations de M. Jambon le 25 mars restent incompréhensibles. Il n'y a aucun élément qui peut justifier ce qu'il a dit trois jours après les attentats. C'est léger de sa part, et c'est grave", a souligné le député Gille Van den Burre (Ecolo).

"Le ministre devra venir s'expliquer pour ses affirmations graves et choquantes", a dit pour sa part Georges Dallemagne (cdH) qui a dénoncé le "lynchage" dont M. Joris a été la victime.

Le 11 juin 2015, l'un des auteurs des attentats commis à Zaventem, Ibrahim El Bakraoui, a été arrêté à la frontière turco-syrienne. La police turque en a informé l'officier de liaison le 26 juin sans que celui-ci connaisse les raisons de son arrestation. L'échange d'informations a pris plusieurs semaines et semble s'être déroulé dans une certaine confusion. Le 14 juillet, la Turquie finira par renvoyer aux Pays Bas le futur terroriste, alors en liberté conditionnelle à la suite d'une condamnation en Belgique pour des faits de banditisme, mais n'informera la Belgique que le lendemain du motif terroriste de l'arrestation du 11 juin.

Dans la nuit du 23 au 24 mars, le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, avait offert sa démission au premier ministre, qui l'avait refusée. Interrogé devant le parlement le 25 mars, il avait chargé durement M. Joris, l'accusant d'avoir commis une "bévue". Selon lui, ce n'était pas l'appareil policier ou même un service qui était en cause mais "un homme".

Dans les rangs socialistes, Mme Onkelinx a d'ores et déjà évoqué une "faute" de M. Jambon.

Le 16 novembre, le commissaire Peter De Buysscher, directeur de la coopération policière internationale (CGI) de la police fédérale, entendu lui aussi à huis-clos, avait déjà disculpé son subordonné, indiquant qu'il avait suivi toutes les procédures et insistant sur les difficultés de travailler avec les autorités turques, apprenait-on alors à sources concordantes.

Lorsque cette affaire s'est déroulée, M. Joris était en outre en vacances mais avait transmis les informations qu'il avait apprises. A entendre plusieurs députés, il semble d'ailleurs que des problèmes d'échange d'informations se sont aussi posés au sein de la direction centrale de la lutte contre la criminalité grave et organisée de la police fédérale (DJSOC).

Nos partenaires