Scandale des écoutes: une amnistie présidentielle aggrave la crise en Macédoine

13/04/16 à 00:52 - Mise à jour à 00:52

Source: Belga

(Belga) Le président Gjorge Ivanov a ordonné mardi l'arrêt des procédures judiciaires visant des responsables politiques dans un scandale qui déstabilise depuis deux ans la Macédoine, décision "illégale" pour l'opposition et contraire à l'état de droit pour l'Europe.

Scandale des écoutes: une amnistie présidentielle aggrave la crise en Macédoine

Scandale des écoutes: une amnistie présidentielle aggrave la crise en Macédoine © BELGA

Dans la soirée, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dans les rues de Skopje, quadrillée par les forces de l'ordre, selon une journaliste de l'AFP qui n'a pas constaté d'incidents. Cette décision de M. Ivanov n'est "pas en cohérence avec ma conception de l'état de droit", a regretté sur Twitter le commissaire européen à l'élargissement Johannes Hahn. Depuis des mois, l'opposition sociale-démocrate, le SDSM, accuse le VRMO-DPMNE (droite conservatrice au pouvoir), et notamment l'homme fort du pays, l'ex-Premier ministre Nikola Gruevski, d'avoir mis en place un vaste système d'écoutes de milliers de personnes, journalistes, politiques, chefs religieux. Une opération de déstabilisation montée depuis l'étranger, rétorque le pouvoir qui, dans la foulée de ces accusations, a engagé des poursuites pour espionnage contre le principal opposant, le patron du SDSM, Zoran Zaev, dont la formation compte boycotter les prochaines législatives, déjà reportées et prévues le 5 juin. En vertu de l'accord entre les partis sous l'égide de l'UE, Nikola Gruevski avait démissionné en janvier, préalable aux législatives du 5 juin. "A la lumière de ces développements, je doute sérieusement que des élections crédibles restent possibles", a jugé sur Twitter Johannes Hahn qui a appelé les partis macédoniens à retourner à la table des négociations. Aux yeux du responsable européen, les décisions récentes des responsables macédoniens "mettent gravement en péril l'avenir euro-atlantique de leur pays". La Macédoine est officiellement candidate à l'adhésion depuis 2005. Aux yeux de l'opposition, qui avait crié à la fraude après une énième défaite aux législatives de 2014, les problèmes persistants empêchent la tenue du scrutin: corruption, presse sous contrôle, listes électorales truquées, libertés bafouées. Les quelque 2,1 millions d'habitants de la Macédoine sont majoritairement slaves mais un quart sont albanais et ont leurs propres partis. (Belga)

Nos partenaires