Sarkozy remet la Légion d'honneur à Reynders

27/03/13 à 15:42 - Mise à jour à 15:42

Source: Le Vif

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a remis mercredi les insignes de la Légion d'honneur au vice-Premier ministre MR et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

Sarkozy remet la Légion d'honneur à Reynders

© Belga

La cérémonie s'est déroulée dans la galerie des glaces du Palais d'Egmont envahie par de très nombreux invités du monde politique - surtout MR - et des affaires et sous l'attention de nombreux journalistes, photographes et cameramen. M. Reynders a souligné à cette occasion que la décoration lui avait été décernée par M. Sakozy sur sa réserve personnelle. Depuis, M. Sarkozy n'a pas été réélu et il a fallu attendre un peu pour trouver une date qui convenait aux deux hommes.

Didier Reynders s'est dit très heureux que l'ancien président ait trouvé le temps de venir à Bruxelles. La distinction est évidemment un témoignage de l'amitié qui les lie depuis de nombreuses années, mais elle est aussi la preuve des excellentes relations qui existent entre la Belgique et la France, a-t-il commenté avant l'arrivée de l'ex-président français.

Le fait que M. Sarkozy a été mis en examen la semaine dernière n'a rien changé. "La justice française doit faire son travail", a souligné M. Reynders, ajoutant que ce rebondissement n'avait en rien modifié le protocole très strict de la réception.Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy, très détendu, a utilisé le tutoiement pour s'adresser à Didier Reynders. Il a rendu un hommage appuyé au rôle de celui-ci pendant les 12 années qu'il a passées aux Finances.

Il a rappelé que, pendant la même période, il y a eu 10 ministres des Finances en France. "C'est cette stabilité qui a permis ton bilan impressionnant", a-t-il dit parlant aussi "de réformes courageuses et ambitieuses". Non sans humour, il a aussi rassuré son auditoire. "Je suis heureux d'être ici à vos côtés à Bruxelles. Mais je n'ai pas vocation de m'installer ici. Je repars ce soir", a-t-il lancé faisant allusion à la polémique qui entoure la volonté de certains riches français - dont Gérard Depardieu - de s'installer en Belgique pour échapper à la taxation française sur les très hauts revenus.

Cette venue de Nicolas Sarkozy a provoqué un engouement médiatique important aussi auprès de la presse française non seulement parce qu'il s'agit d'une de ses premières sorties européennes depuis la fin de son mandat en 2012 mais aussi parce que l'ancien président a été mis en examen jeudi dernier en France pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt.Une quarantaine de minutes avaient été prévues pour des interviews de M. Reynders avant l'arrivée de M. Sarkozy. Il était toutefois clairement indiqué sur les invitations et répété à plusieurs reprises sur place qu'il n'était pas question de poser des questions à M. Sarkozy.

Au cours de ce déplacement à Bruxelles, il est prévu que M. Sarkozy rencontre également le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour des entretiens privés.

La fédération européenne des journalistes dénonce une atteinte à la liberté de la presse

La Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) a dénoncé la "censure des médias" survenue selon elle lors de la remise de la légion d'Honneur française au vice-Premier ministre belge Didier Reynders, dont les journalistes français ont été tenus à l'écart pour éviter toute question à l'ancien président français Nicolas Sarkozy, mis en examen (inculpé) la semaine dernière pour "abus de faiblesse".

"Il est inadmissible que les journalistes soient personae non gratae lors de la cérémonie officielle de la remise d'une distinction à un chef de gouvernement", fustige Philippe Leruth, vice-président de la FEJ dans un communiqué. "Il s'agit tout simplement de censure et ceci constitue une grave entrave au travail des journalistes". "Les journalistes belges étaient conviés, mais à la demande expresse de M. Sarkozy, les journalistes français n'étaient pas acceptés et les cartons d'invitations mentionnaient qu'il n'était pas question de lui poser des questions. Cette consigne a été répétée à plusieurs reprises sur place", poursuit M. Leruth.

"De manière surprenante, les autorités belges ont accepté cette demande, qui revient en fait à imposer une mesure de censure non seulement à l'égard de la presse française, mais européenne par la même occasion: le but évident était de dissuader les journalistes, de quelque nationalité qu'ils soient, d'interroger l'ancien président de la République sur une affaire judiciaire embarrassante pour lui".

La FEJ tient à dénoncer cet "interdit professionnel, incompatible avec le droit à l'information proclamé par la Déclaration universelle des droits de l'homme, répété par la Cour européenne des droits de l'homme, avec la liberté de la presse proclamée par la Constitution belge depuis 1831, qui postulent, dans le chef des journalistes, le devoir d'informer le public", conclut le communiqué de la FEJ.

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