Rudy Vervoort : "que chacun se sente représenté"

11/02/11 à 13:56 - Mise à jour à 13:56

Source: Le Vif

Après le vote des 11 et 12 février, Philippe Moureaux sera remplacé par Rudy Vervoort à la tête du PS bruxellois. Interview.

Rudy Vervoort : "que chacun se sente représenté"

© Belga

Le Vif/L'Express : Succéder à Philippe Moureaux, quel challenge !

Rudy Vervoort : Je n'ai pas de complexe par rapport à lui. Vous me croyez ou non mais, comme chef de groupe du PS au parlement bruxellois, je ne l'ai consulté que quatre ou cinq fois. On est soi-même, ça passe ou ça ne passe pas. Contrairement à ce que beaucoup pensent, Moureaux est plus moderne qu'il n'y paraît même si, sur la forme, son côté papy flingueur est un peu dépassé.

Bourgmestre d'Evere, vous sentez-vous l'âme d'un municipaliste ou d'un régionaliste ?

Je suis un pur produit de la formation municipale. Mais on n'est plus au temps des anciens bourgmestres Beauthier, Pivin ou Cudell qui régnaient en maîtres sur leurs communes et se méfiaient de la Région. Actuellement, ce n'est plus du tout le cas. Quand un projet est d'intérêt régional, c'est la Région qui doit avoir la main.

Bruxelles doit-elle développer son multiculturalisme et se tenir à égale distance de la Flandre et de la Wallonie ?

Au moment où Bruxelles fait l'objet de toutes les convoitises dans le nord du pays, la Région doit rester en lien avec la Wallonie, comme l'a montré le rapprochement des deux Régions sous Charles Picqué et Rudy Demotte. Ce n'est pas un mythe : les populations d'origine étrangère qui s'installent durablement à Bruxelles optent pour le français.

Quel est l'enjeu majeur, aujourd'hui, pour Bruxelles ?

Sa place dans la Belgique de demain.

Et l'immigration ?

Je n'observe pas une détérioration dans le contrôle des flux migratoires. En revanche, j'observe une détérioration globale du niveau socio-économique des Bruxellois.

Et les luttes entre les socialistes belgo-belges et ceux d'ascendance étrangère ?

Dans les années 1980, on a connu ça entre les "intellos" et les autres. Mais il ne faut pas être naïf : au moment des élections, il y a des tensions que nous sommes chargés d'arbitrer pour garantir un équilibre et faire en sorte que chacun se sente représenté. C'est l'une des clés de la cohésion sociale.

ENTRETIEN : M.-C.R.

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