Rudy Vervoort : "Le PS n'est pas le parti des minorités"

16/11/12 à 07:58 - Mise à jour à 07:58

Source: Le Vif

Dans une interview au Vif/L'Express, le président de la Fédération bruxelloise du Parti socialiste, revient sur le verdict des élections communales d'octobre, peu favorable au PS à Bruxelles, et sur l'après scrutin, qui a vu l'éviction à Molenbeek de Philippe Moureaux et les déchirements internes à Saint-Josse. En défendant "Flupke" et Emir Kir.

Rudy Vervoort : "Le PS n'est pas le parti des minorités"

© Image Globe

Philippe Moureaux a-t-il été trop confiant, le dimanche 14 octobre au soir, en allant se coucher après sa victoire aux communales sans présenter sa liste ? Et étant lâché ensuite par Ecolo, pour perdre du coup son mayorat ? "C'est quelque chose qu'on ne s'explique pas, répond Rudy Vervoort, le patron du PS bruxellois. Le MR lui courait derrière. Sachant tout ce qui allait se passer à Bruxelles-Ville, c'est-à-dire l'éviction probable du CDH, il aurait pu anticiper l'effet sur Molenbeek. S'agit-il d'un acte manqué, parce qu'inconsciemment, il avait envie de sortir ? D'une fatigue ou d'une trop grande confiance en lui ? En définitive, ça crée pour le PS une drôle de situation. On sort premier parti de l'élection communale. On regagne Anderlecht. Forest, où on pensait être en difficulté, on le gagne bien. On progresse même dans l'opposition à Koekelberg et à Jette. A Ganshoren, Michèle Carthé l'emporte dans son combat contre le CDH. A Schaerbeek, le maïorat ne faisait pas partie a priori des objectifs, c'était plutôt d'entrer dans la majorité. On n'y arrive pas, soit. A 20 heures, je me dis, c'est une bonne élection pour nous. Et puis, il y a Molenbeek. [Où, aujourd'hui, comme] le chef s'est retiré sous sa tente, les officiers se demandent en se regardant..."

Sur Saint-Josse, où Emir Kir et Jean Demannez, tous deux PS, se sont déchiré, Rudy Vervoort estime qu'"extérieurement, il y a un traître et une victime. Contrairement à ce que l'on croit, ce n'était pas gagné d'avance pour la liste du bourgmestre sortant, Jean Demannez. Il y avait un accord non avoué entre le CDH, le MR et Ecolo pour éjecter le PS si nous n'avions pas la majorité absolue. Quand Emir Kir se met en mouvement, il se rend compte que la situation est peut-être plus délicate que ce qu'on imaginait. La campagne a amené un déficit total de confiance entre les deux hommes. Jean Demannez a déclaré qu'il était candidat pour six ans, ce qui a fait bondir Emir Kir qui pensait lui succéder en janvier 2014. Kir était mal à l'aise car des électeurs lui disaient: ça ne sert à rien de voter pour toi puisque tu vas rester ministre. Après l'élection, Kir crée un rapport de force si bien que le lundi soir, il a 15 signatures de ses colistiers élus sur 16 pour le présenter comme candidat bourgmestre. In tempore non suspecto, je lui avais dit qu'il ne pouvait pas prendre le poste et ne pas l'exercer. Qui plus est, dans sa situation, il se serait fait flinguer doublement, étant le premier bourgmestre d'origine étrangère à Bruxelles."

Vervoort considère aussi qu'"à Saint-Josse, ce n'est pas vrai que les Turcs l'ont emporté sur les autres ! Saint-Josse, selon la formule de feu le bourgmestre Guy Cudell, est un laboratoire, une mosaïque incroyable de petites minorités. Cela rendait d'autant plus utile la prise de fonction d'Emir Kir. On lui colle une image dont il va devoir se défaire parce qu'on est le bourgmestre de tous." Et sur l'image du PS parti des minorités ? "Je n'ai pas ce sentiment-là. Il ne faut pas infantiliser l'électorat. La vision idéale, c'est que les élus représentent l'ensemble des électeurs. Mais ils doivent être aussi emblématiques du corps social. C'est ce qui crée la confiance des citoyens, dans les deux sens. Ou alors, on choisit la posture du MR, qui consiste à refuser la réalité, et il récolte un résultat à la hauteur de son discours. L'électeur n'est pas idiot. Il vote pour des raisons culturelles mais aussi socio-économiques. Il ne va pas aller contre ses intérêts. Le FDF est assez fort à Schaerbeek parce qu'il passe très bien auprès des communautés d'origine étrangère. Ce n'est pas mécanique, c'est lié à un positionnement politique."

M-C. R., Th. F.

En savoir plus sur:

Nos partenaires