Rudy Demotte en Haïti - Un box d'espoir au coeur d'une banlieue abandonnée de Port-au-Prince

23/11/17 à 04:22 - Mise à jour à 04:25

Source: Belga

(Belga) Ce mercredi, c'est atelier pédicure autour du box de formation mobile qui a pris ses quartiers au centre d'enseignement de la Cité Soleil, dans la banlieue de Port-au-Prince. Assises en rang le long des murs jaunes du jeune bâtiment, à l'abri du soleil piquant, de jeunes femmes s'exercent à poser du vernis et à limer les ongles sous le regard inflexible mais bienveillant de cinq formatrices. Le projet, financé par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles, doit les aider à se dégager un avenir dans l'une des banlieues les plus déshéritées de la capitale haïtienne.

Une poignée de la quinzaine de participantes sont elles installées dans le box de formation, un container de fret maritime aménagé en salon de coiffure à Ciney puis expédié en Haïti. Déposée sur un camion, la salle de formation mobile dispose des éviers, miroirs, sièges et produits nécessaires à leur apprentissage. Car outre la pédicure et la manucure, ces Haïtiennes âgées de 20 à 30 ans s'exercent également à l'esthétique et à la cosmétologie en général. "Nous leur apprenons d'abord la théorie, elles s'entraînent ensuite entre elles et sur des bénévoles", décrit fièrement Lourdes Gela, formatrice principale et cosmétologue à Port-au-Prince, en surveillant ses élèves du coin de l'oeil. "La formation dure un mois et demi, elle leur permettra d'ouvrir leur propre studio ou de travailler dans un centre commercial." Toutes ces jeunes femmes proviennent de la banlieue Cité Soleil, un douloureux mélange de déchets, de routes cabossées, de frêles bicoques en tôles, d'insécurité, de débrouille et de misère installé à proximité du Parlement haïtien. Un bidonville de quelque 200.000 habitants, à quelques foulées du box de formation. "Ce genre de projet est vital pour la localité et ces jeunes filles, la situation est très difficile ici", insiste Lourdes Gela. "Elles sont appliquées, elles veulent apprendre." "On a besoin de ça", confirme la timide Daniella qui participe au programme. "On n'avait pas de telle formation avant, et donc pas accès aux produits pour apprendre." L'Association pour la Promotion de l'Education et de la Formation à l'Etranger (Apefe), à l'initiative du projet et soutenue par Wallonie-Bruxelles International (WBI), a déjà envoyé deux structures de formation professionnelle mobile en Haïti. Trois autres seront expédiées au mois de décembre et permettront aux bénéficiaires du programme de se former en soudure-électricité ou hydraulique-menuiserie. "Ce sont des formations itinérantes, le centre de Cité Soleil accueillera celle en mécanique moto le mois prochain tandis que ce box se rendra dans un autre quartier", ajoute Pascal Montoisy, représentant de l'Apefe et de WBI en Haïti. "Il s'agit de programmes gratuits, nous privilégions la population la plus vulnérable." Le projet tente de pallier l'inadéquation des formations de l'enseignement technique et professionnel haïtien avec la réalité du terrain. Quelque 1.000 centres de formation professionnelle existent en Haïti mais seuls 26 sont publics (et payants) et environ 250 sont reconnus par l'Etat. Les 750 autres exercent dans l'illégalité. (Belga)

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