RER : la mise à quatre voies ne fait plus partie des priorités

02/02/16 à 19:06 - Mise à jour à 19:05

Source: Belga

La mise à 4 voies des lignes 161 Bruxelles-Namur et 124 Bruxelles-Nivelles ne fait plus partie des priorités de la SNCB et d'Infrabel. Il est apparu que ces travaux d'infrastructure ne sont pas nécessaires à une offre suburbaine de qualité autour de Bruxelles, a expliqué mardi la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, en commission de la Chambre.

RER : la mise à quatre voies ne fait plus partie des priorités

Jacqueline Galant, ministre de la mobilité (MR) © BELGA/Dirk Waem

Le Fonds RER contient encore aujourd'hui 105 millions d'euros alors qu'entre 700 millions et 900 millions seraient nécessaires pour achever la mise à quatre voies de toutes les lignes. La ministre s'est donné comme priorité, dès son entrée en fonction, de développer une offre "S" (suburbaine) sur l'infrastructure existante. "Pendant trop longtemps, les travaux d'infrastructure ont été déconnectés de l'offre de terrain", a-t-elle affirmé, en rappelant que ces travaux avaient déjà coûté 2 milliards d'euros.

La ministre a énuméré les réalisations déjà engrangées, très largement pour le RER entre la Flandre et Bruxelles mais dont certaines ont un impact positif en Wallonie. Il ne s'agit pas de privilégier une Région au détriment d'une autre, a-t-elle assuré. La raison est géographique: dans le projet RER, il y a 33 gares à Bruxelles, 27 en Wallonie et 81 en Flandre.

Les problèmes du RER ne datent pas d'hier. La ministre MR a chargé ses prédécesseurs: "Ce constat était déjà bien connu des ministres précédents en charge de ce dossier depuis au moins 5 ans (MM. Magnette et Labille, ndlr). Et pourtant, aucun n'a pris sa responsabilité pour trouver ou négocier des solutions".

Mme Galant a mis en avant son souci de réalisme devant les retards qui se sont accumulés sur les lignes 161 et 124. Les chantiers sur la 124 sont paralysés par des problèmes juridiques liés aux permis qui ne seront pas résolus avant au moins deux à trois ans. La ministre a donc demandé que les travaux se concentrent sur l'aménagement des gares (Nivelles, Waterloo, Linkebeek et Rhode-Saint-Genèse). Des pistes ont également été examinées pour faire rouler toute la journée des trains S9 Louvain-Schuman-Braine l'Alleud et non seulement aux heures de pointe. Pour la 161, les travaux seront concentrés sur la rénovation de la gare d'Ottignies ainsi que les mises à 4 voies de la bifurcation vers Louvain-la-Neuve et du tronçon Watermael-Bakenbos (gare avant La Hulpe).

La réponse de la ministre a fait bondir l'opposition. "Une ministre wallonne enterre le RER vers la Wallonie, c'est clair, c'est net!" s'est exclamé Olivier Maingain (DéFI). "Je n'enterre pas, je fais des choix", s'est insurgée Mme Galant.

Karine Lalieux (PS) a dénoncé "une sous offre pour les francophones de ce pays" et les effets des économies dans le chemin de fer décidées par le gouvernement. "C'est un choix politique", a-t-elle ajouté.

Se refusant à communautariser le dossier, Marcel Cheron (Ecolo) a exprimé son inquiétude tandis que Catherine Fonck (cdH) s'étonnait des arguments techniques invoqués par la ministre pour motiver ses choix.

Dans la majorité, les déclarations de la ministre ont également fait grincer des dents. Mme Galant a confirmé que la priorité du gouvernement étaient Bruxelles et sa périphérie sans toutefois fermer la porte aux autres projets RER qui concernent Gand, Anvers, Liège et Charleroi. Elle a renvoyé au plan de mobilité de 2017. Les nationalistes flamands ont bondi. "En tant que N-VA, on n'acceptera pas que la mobilité à Anvers soit dupe de la mobilité à Bruxelles", a lancé Inez de Coninck qui a vu dans la réponse de la ministre un argument de plus pour une scission des lignes ferroviaires.

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