République tchèque: échec des pourparlers sur une coalition

06/04/18 à 16:37 - Mise à jour à 16:43

Source: Belga

(Belga) Les tractations sur un nouveau gouvernement tchèque ont échoué vendredi, suite au refus du parti social-démocrate CSSD d'entrer en coalition avec le mouvement ANO du milliardaire populiste Andrej Babis qui fait objet de poursuites judiciaires pour une fraude présumée.

"La présidence du CSSD a décidé à l'unanimité de mettre fin aux négociations sur une éventuelle coalition avec le mouvement ANO", a déclaré devant la presse le vice-président de ce parti, Jiri Zimola. Il a réitéré le refus du CSSD de participer à un gouvernement au sein duquel figurerait M. Babis, Premier ministre démissionnaire, en raison de la mise en examen de ce dernier pour une fraude présumée aux subventions européennes, dans une affaire remontant à 2007-2008. M. Babis rejette ces accusations. De son côté, le mouvement de M. Babis accuse le CSSD d'avoir quitté la table de négociations après avoir exigé en vain le poste de ministre de l'Intérieur. Le mouvement ANO ("Oui") de M. Babis détient 78 des 200 sièges au sein de la chambre basse alors que le CSSD n'en compte que quinze. Pour avoir la majorité, les deux partis auraient encore besoin du soutien du parti communiste KSCM qui participerait ainsi à la formation d'un gouvernement pour la première fois depuis la chute du régime pro-soviétique en 1989. Désigné Premier ministre en décembre, M. Babis a formé un cabinet minoritaire comprenant des experts sans étiquette, qui n'a pas obtenu la confiance du Parlement en janvier. Il a formellement démissionné mais reste en place jusqu'à la nomination d'un nouveau gouvernement. Réélu en janvier pour son second mandat de cinq ans, le président Milos Zeman, très favorable à l'action de M. Babis, a demandé à ce dernier de former un nouveau cabinet et a promis de le désigner Premier ministre pour la deuxième fois. La Constitution tchèque prévoit jusqu'à trois tentatives de former un gouvernement, les deux premières étant pilotées par le président et la troisième par le chef de la chambre basse, poste occupé actuellement par un membre d'ANO. (Belga)

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