Renaud Duquesne
Renaud Duquesne
Avocat à Marche-en-Famenne
Opinion

26/01/18 à 18:37 - Mise à jour à 18:41

Renaud Duquesne: "Pourquoi j'ai rejoint DéFI"

Entre autres, explique l'avocat, ancien membre du MR et fils de feu le ministre libéral Antoine Duquesne, parce que le parti du Premier ministre est tenu en laisse par la N-VA et qu' "on ne gouverne pas en ayant son pantalon sur les genoux".

Renaud Duquesne: "Pourquoi j'ai rejoint DéFI"

Renaud Duquesne © BELGA

Ce n'est pas par hasard que je serai présent ce dimanche matin à Bruxelles au Congrès doctrinal de DéFI. Je n'ai été approché par personne pour y adhérer. C'est le fruit d'une réflexion personnelle voire intime. Je ne demande pas que l'on me croit sur parole. Je souhaite simplement être jugé sur mes actes futurs. Sur l'engagement qui sera le mien, de rester vrai et d'être à l'écoute de tous.

Je suis un libéral social. L'un ne va pas sans l'autre mais chaque mot a sa signification. Or il en est certains qui l'oublient et tentent de coloniser le pouvoir au prix d'une contorsion idéologique. La politique, ce n'est pas aligner des chiffres et gouverner avec une calculette à la main. C'est avant tout se soucier des gens, les aimer et surtout les écouter. C'est permettre à chacun de vivre dignement et de tendre à une vie simplement heureuse.

"Jobs jobs jobs" est le slogan qui est censé nous rassurer. Il est répété à l'envi, tel le perroquet emprisonné dans sa cage et qui n'a comme horizon que celle-ci. Le vrai enjeu, n'est-il pas de donner un travail qui émancipe, rend fier et permet de vivre dignement ? L'indicateur du bien-être au travail, ce ne sont pas des statistiques mais un ressenti et une émotion. Chacun sera juge de mon propos et pourra dire s'il est conforme à sa perception.

Mais il est une réalité que je sens, ou plutôt ressens chez DéFI. C'est ce souci permanent de remettre l'humain au centre du débat politique. Ce n'est pas la finance qui doit nous guider et être notre boussole. Elle doit être un outil au service du bien-être collectif mais elle doit être domptée et obéir aux règles naturelles de l'humanité et du bien-être. Les travailleurs ne sont pas des unités de production mais bien des individus qui veulent être fiers de ce qu'ils font et veulent être respectés comme tel.

Le nationalisme, c'est le rejet de l'autre. Point nécessaire d'en dire plus. Je me suis trompé sur la N-VA .J'ai cru dans un passé récent, que l'on pouvait gouverner avec eux. Les maîtriser. Ce fut une erreur. Je l'assume. J'ai appris que la N-VA ne pouvait changer au regard de l'ADN qui est le sien. Ils veulent faire éclater le pays. Ils sont d'une droite extrême.

On a banalisé leur discours. Ils sont rentrés dans le champ démocratique. Ils ont des complices dociles et peu regardant. La fin justifie les moyens. On ne gouverne pas en ayant son pantalon sur les genoux. On ne gouverne pas en bafouant les droits humains les plus fondamentaux que sont le respect de l'intégrité physique et de la dignité humaine des personnes les plus démunies.

On ne gouverne pas en restreignant les libertés individuelles et l'accès à une justice libre et indépendante. On ne gouverne pas en ayant comme seul but de désagréger l'Etat. Il est un seul parti qui essaye de nous faire croire qu'il a réussi à dompter le lion rugissant. Il se trompe. C'est lui qui est tenu en laisse et qui n'autre choix de renier ses fondamentaux.

Chez DéFI, le rejet de l'autre n'est pas un programme politique. Il n'est de politique courageuse et humaine que celle qui rassemble le plus grand nombre. L'heure n'est pas au retour de la lutte des classes. Il faut avoir l'audace de dire la vérité sur les grands défis qui nous attendent mais surtout de redonner l'espoir et le goût de la chose publique.

Beaucoup se détournent des partis traditionnels car ils n'ont plus l'impression d'être entendus. Pour eux, le personnel politique n'a de cesse de se regarder le nombril et de considérer l'électeur comme des parts de marché à conquérir, ni plus ni moins. Déçus, ils se jettent dans les bras des partis de l'extrême au sens propre comme au sens figuré. Non pas qu'ils adhèrent aux programmes de ces bonimenteurs qui promettent des lendemains qui chantent mais parce que pour eux, leur vote n'est pas respecté.

Il faut reconquérir ces déçus. Ce ne sera pas facile tant le chantier de la gouvernance est vaste. Cela fait trop longtemps que les scandales rythment la vie politique sans que des solutions durables ne soient apportées. Il ne faut pas laver plus blanc que blanc. Il faut remettre l'éthique, les valeurs et la morale au coeur de l'appareil politique. On ne gouverne pas pour soi mais pour tous. DéFI a été un des seuls à avoir le courage de l'exigence et à ne pas vendre son âme pour l'exercice du pouvoir.

Son président, Olivier Maingain, non seulement a prôné ce renouveau politique depuis bien longtemps déjà. Il a aussi montré qu'avoir de la colonne vertébrale et une vision d'avenir était le moteur d'une véritable action politique. Le pays a besoin de dirigeants qui ont de la hauteur, du courage et une grande espérance.

J'ai confiance en lui. Pas bêtement mais parce que nous avons longuement débattu. Il m'a convaincu de la pertinence de son combat par la force de ses arguments et l'énergie et la passion qui est la sienne. Je n'ai pas toujours été d'accord avec lui par le passé et je suppose que cela arrivera encore à l'avenir. C'est rassurant. Le jour où tout le monde dira la même chose ou aura le doigt sur la couture, ce qui est déjà parfois le cas, la politique n'aura plus aucune raison d'être.

Ce dimanche, lors du Congrès de DéFI, je suis convaincu qu'une belle aventure commence. On peut jamais être sûr de rien. Il faudra se battre, argumenter et convaincre. Il faut des fondations solides pour nos idées. C'est l'enjeu du congrès de ce dimanche.

DéFI a la volonté de faire de la politique autrement : pour vous les citoyens.

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