Réfugiés sur l'île de Manus - Le ministre australien de l'immigration qualifié de "terroriste"

05/11/17 à 01:40 - Mise à jour à 01:56

Source: Belga

(Belga) Le ministre de l'immigration australien, Peter Dutton, a été qualifié de "terroriste" par un député écologiste, au vu du traitement inhumain des 600 réfugiés sur l'île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée, depuis la fermeture du centre de détention australien qui y était délocalisé. Des manifestations en faveur des réfugiés ont eu lieu à Melbourne et Sydney.

"Si la définition de terrorisme est d'utiliser la violence et de menacer la vie des gens pour des raisons politiques, alors Peter Dutton est un terroriste", a affirmé le député fédéral écologiste australien, Adam Brandt, au sujet du ministre australien de l'immigration. Le ministre n'a pas modifié sa position, refusant que les 600 personnes placées dans le camp de réfugiés, désormais fermé, soient accueillies en Australie. "La position du gouvernement est absolument claire, nous avons été capables d'arrêter la venue des bateaux (transportant illégalement les réfugiés, ndlr) et de stopper les décès en mer", a-t-il affirmé aux journalistes, défendant l'approche dissuasive du pays. L'Australie a pour politique d'intercepter les personnes cherchant à rejoindre illégalement le pays par la mer et de les placer dans des centres de détention délocalisés dans des petites îles du Pacifique, le temps que leur demande d'asile soit traitée, sans jamais leur accorder l'asile pour autant. "Si nous autorisons les gens à venir dans notre pays par bateaux, celà signifie que le business des trafiquants d'êtres humains reprendra", a encore justifié M. Dutton. Le centre de détention sur l'île de Manus été jugé inconstitutionnel par la Cour suprême de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui a ordonné sa fermeture en 2016. Celle-ci est effective depuis mardi mais les 600 personnes qui y résidaient refusent de quitter les bâtiments en dépit de l'absence de vivres et d'électricité. Les demandeurs d'asile ne veulent pas se rendre dans les centres de transition dans la ville principale de l'île par crainte d'être mal reçus par la population locale. Les soldats de PNG ont pour interdiction de laisser quiconque apporter de la nourriture aux réfugiés. Leurs conditions de vie se sont tellement dégradées que les Nations Unies ont appelé jeudi Canberra à "cesser l'urgence humanitaire qui se développe". Le Haut Commissariat pour les réfugiés exige du gouvernement australien qu'il collabore avec les autorités papouasiennes "pour désamorcer immédiatement une situation de plus en plus tendue et instable". Des rassemblements ont été organisés samedi en faveur des réfugiés sur l'île de Manus, regroupant un millier de personnes à Melbourne et des centaines d'autres à Sydney, rapporte la chaîne publique ABC. La Nouvelle-Zélande a offert de relocaliser 150 migrants, une option qui sera discutée dimanche entre les Premiers ministres des deux pays. (Belga)

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