Réfugiés sur l'île de Manus - La police accélère l'évacuation forcée d'un camp australien de réfugiés

24/11/17 à 05:06 - Mise à jour à 05:08

Source: Belga

(Belga) Des policiers papouasiens désormais armés de barres métalliques sont intervenus vendredi pour accélérer l'évacuation du camp australien de réfugiés de Manus et mettre fin à trois semaines de face-à-face avec les migrants, selon des vidéos faites par les détenus.

Après une journée de jeudi marquée par l'évacuation contrainte d'une cinquantaine de migrants, environ 320 demandeurs d'asile demeuraient vendredi matin dans ce camp qui avait été ouvert en territoire papouasien par l'Australie, laquelle est dénoncée depuis des années pour sa politique très dure contre les boat people. Canberra n'accepte sur son sol aucun des clandestins qui tentent de gagner ses côtes mais les relègue dans des camps de rétention dans des pays-tiers, comme celui de l'île de Manus. L'Australie a cependant été contrainte de fermer le 31 octobre le centre de Manus - que la Cour suprême de Papouasie avait jugé anticonstitutionnel- priant les migrants de gagner d'autres centres de rétention sur cette île. Epuisés par des années dans cette impasse juridique et administrative, des centaines d'occupants du camp ont cependant opté pour le bras de fer avec les autorités locales, en se retranchant sur le site, privés depuis des semaines d'eau, d'électricité et de nourriture. Au lendemain de l'intervention de la police dans le camp, les évacuations se poursuivaient vendredi, mais de façon apparemment plus musclée. Des vidéos et des photos postées par les réfugiés sur les réseaux sociaux montraient ainsi des policiers en uniforme brandissant des barres métalliques, et s'en servant pour pousser les migrants vers des bus garés à l'extérieur, et censés les emmener vers d'autres centres. Des détenus et des organisations comme le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) ont affirmé que les nouveaux centres de rétention n'étaient pas prêts, et ont fait part pour la sécurité des migrants face à l'hostilité des habitants de Manus qui n'ont pas été consultés sur l'ouverture de ces camps. "Ces hommes sont effrayés, ils sont épuisés et déprimés", a expliqué vendredi Amy Frew, avocate au sein du Centre juridique pour les droits de l'Homme, une ONG australienne. "Après quatre ans et demi dans les limbes et l'incertitude, ils n'ont toujours pas d'endroit sûr où aller." "Ce qui s'est passé ce matin montre que quoi qu'ils fassent, où qu'ils aillent, leur sécurité ne pourra être garantie tant qu'ils n'auront pas été évacués de Papouasie-Nouvelle-Guinée." (Belga)

Nos partenaires