Réforme de la psychothérapie: les opposants réclament toujours le retrait du projet de loi

29/06/16 à 16:40 - Mise à jour à 16:40

Source: Belga

(Belga) Plusieurs associations professionnelles, ainsi que des représentants des hautes écoles et des étudiants, rejoints par les députés d'opposition Laurette Onkelinx (PS), Karin Jiroflée (sp.a) et Muriel Gerkens (Ecolo-Groen) contestent toujours la réforme de la psychothérapie de la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld). Ils ont rappelé leurs griefs mercredi avant le débat parlementaire à la Chambre. Le vote du projet, annoncé majorité contre opposition, devrait intervenir jeudi.

Réforme de la psychothérapie: les opposants réclament toujours le retrait du projet de loi

Réforme de la psychothérapie: les opposants réclament toujours le retrait du projet de loi © BELGA

Selon quelque 250 associations, "la psychothérapie est supprimée en tant que profession et devient un acte spécialisé, comme une radiographie ou l'enlèvement d'un organe." Elles dénoncent également l'exigence "des diplômes universitaires mais pas des compétences". Par ailleurs, elles estiment que les différentes approches sont effacées au profit exclusif de l'approche comportementaliste ou d'un panachage superficiel de différentes approches. Elles reprochent enfin la non mise en application d'une loi votée en 2014, la loi Muylle. Selon les opposants au projet De Block, celle-ci avait rencontré un large consensus politique (seules la N-VA et le Vlaams belang s'étaient abstenues). "Cette modification de la loi de 2014 ne figure d'ailleurs pas dans l'accord de gouvernement", a fait remarquer Vincent Magos, président de l'Ecole Belge de Psychanalyse- Belgische School voor psychanalyse EBP-BSP. Fabienne Deschoenmaker, de l'APPA (Association des Praticiens en Psychologie Adaptée), enseignante à l'Institut Marie Haps à Bruxelles s'est pour sa part inquiétée de l'organisation des formations en bacheliers en psychologie. "Selon cette nouvelle loi, leur exercice ne sera plus autonome, mais soumis à la supervision par des médecins, psychologues ou orthopédagogues". Des représentants des étudiants en psychologue de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) ont fait part d'inquiétudes similaires. Les députées d'opposition ont appuyé l'ensemble de ces remarques. "Les patients vont être malmenés", estime Laurette Onkelinx, "car il y aura inévitablement une baisse de l'offre de qualité en psychothérapie." Pour Karin Jiroflée, "ce projet est totalement effrayant". "La loi de 2014 donnait même davantage de garanties dans la lutte contre ce que la ministre appelle les 'charlatans'", a-t-elle fait valoir. Muriel Gerkens a pour sa part dénoncé "la manière mensongère dont les choses sont présentées" par le gouvernement. Les opposants au projet de loi ont écrit mardi une lettre ouverte au Premier ministre Charles Michel réclamant le retrait du projet de loi. (Belga)

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