Réforme de l'Etat: la N-VA n'apprécie pas ce "cadeau à 3 milliards d'euros"

10/07/13 à 07:16 - Mise à jour à 07:16

Source: Le Vif

La N-VA a dénoncé les effets qu'aura la 6e réforme de l'Etat, finalisée mardi, sur les Flamands, particulièrement sur le plan financier. La plupart des autres partis, francophones et néerlandophones, se sont réjouis de cet aboutissement.

Réforme de l'Etat: la N-VA n'apprécie pas ce "cadeau à 3 milliards d'euros"

© Belga

Selon des études invoquées par le parti nationaliste flamand, la révision de la loi spéciale de financement coûterait à la Flandre plus de deux milliards d'euros d'ici 2030.

"Il apparaît aujourd'hui que les entités fédérées ne recevront que 90 pc des moyens qui correspondent aux compétences transférées. Conclusion: à la veille du 11 juillet, les Flamands reçoivent la facture d'un cadeau de plus d'1,5 milliard d'euros, qui leur coûtera au minimum 3 milliards d'euros. Comme si les transferts de la Flandre vers la Wallonie n'étaient pas encore assez importants", a souligné la N-VA.

En échange, la Flandre ne recevra, d'après la N-VA, qu'un "bric-à-brac" de compétences qui rendra les choses encore plus compliquées.

"Evidemment, c'est positif que les entités fédérées deviennent responsables des allocations familiales. Mais ce n'est sûrement pas, comme le disait déjà Jean-Luc Dehaene, la révolution copernicienne que les partis flamands souhaitaient", a ajouté le parti.

Les autres partis flamands se réjouissent: "il y a des partis qui parlent et d'autres qui agissent"


A l'instar de leur collègues francophones, les président des partis flamands qui ont participé à la réforme de l'Etat ont salué l'accord intervenu mardi. "Il y a des partis qui parlent et d'autres qui agissent", a souligné la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten. Selon elle, cette 6e réforme de l'Etat prépare le pays au XXIe siècle.

"Le parti a toujours eu l'étiquette du 'pas assez flamand', mais nous avons donné aujourd'hui plus de compétences à la Flandre", a souligné le sénateur Bert Anciaux (sp.a) qui a dit son espoir d'une plus grande stabilité du pays.

"L'accord donne de l'autonomie aux Régions, apporte la stabilité au pays et veille à ce que le vieillissement de la population soit supportable", a observé le président du CD&V, Wouter Beke.

Le président de Groen, Wouter Van Besien, a mis en avant "la solidarité entre les gens" renforcée grâce à cet accord. Il a également insisté sur le volet "renouveau politique" de la réforme qui prévoit un contrôle renforcé et indépendant du financement des partis politiques. La commission parlementaire qui contrôle leurs dépenses disposera d'experts, la Cour des comptes pourra consulter un nombre plus important de documents et pourra poser elle-même des actes d'instruction complémentaires. Les décisions de la commission seront susceptibles de recours devant la Cour constitutionnelle.

Les partis francophones saluent l'aboutissement de ce long travail

Les représentants des partis francophones qui forment la majorité institutionnelle ont également salué l'aboutissement du travail au sein du "Comori" (Comité de mise en oeuvre des réformes institutionnelles).

"Lors des élections de 2010, le PS avait promis de stabiliser le pays. Nous y sommes parvenus", a souligné le président du PS, Paul Magnette.

Le président du MR, Charles Michel, a mis en avant le "fédéralisme de coopération" que faisait advenir cet accord et la résolution des problèmes qui "empoisonnaient les relations entre le fédéral et les entités fédérées".

Aux yeux de Marcel Cheron 'Ecolo', le travail accompli était "vital". "Les Verts n'ont pas fui leurs responsabilités", a-t-il fait observé, en pointant du doigt la N-VA qui a refusé à l'été 2011 de s'engager dans des négociations.

Le président du cdH, Benoît Lutgen, a quant à lui évoqué l'avenir. "L'essentiel, maintenant, c'est de conserver cette énergie et de la consacrer à des projets qui portent sur l'emploi, la réforme fiscale, l'avenir des jeunes".

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