RDC : Charles Michel demande du "respect" pour la Belgique

14/07/10 à 11:31 - Mise à jour à 11:31

Source: Le Vif

Le ministre de la Coopération au développement, Charles Michel, s'est étonné mardi des propos tenus par le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, moins de deux semaines après une visite historique des souverains belges à Kinshasa, les qualifiant d'"extrêmement inadéquats" et réclamant de la part de la République démocratique du Congo (RDC) du "respect" pour la Belgique.

RDC : Charles Michel demande du "respect" pour la Belgique

© Belga

Les relations "de colonisateur à colonisé, c'est terminé!", a déclaré hier M. Mende à l'adresse des hommes politiques belges, dont le Premier ministre Yves Leterme, après des polémiques autour du voyage récent du roi Albert II à Kinshasa.

Deux semaines après la visite au Congo du couple royal pour le cinquantenaire de l'indépendance de l'ex-colonie belge, M. Mende, qui est également ministre de la Communication, a qualifié d'"inadmissible" "l'attitude de la classe politique belge à considérer les problèmes congolais comme des affaires intérieures de leur pays".

"Débat surréaliste" sur "l'opportunité" pour le roi de répondre à l'invitation du président Joseph Kabila, "très bizarre affaire d'une invitation purement imaginaire de militaires belges à défiler à Kinshasa", "délectation chez les uns" après l'annonce que le roi ne ferait aucun discours, "acrimonie chez les autres" car il aurait "dû admonester le "mauvais élève" congolais", a énuméré le ministre lors d'une conférence de presse à Kinshasa largement consacrée à la campagne menée en Belgique.

"Je trouve les propos de M. Mende extrêmement inadéquats", a réagi Charles Michel, juste après avoir annoncé le déblocage d'un million d'euros pour de l'aide alimentaire en RDC, alors qu'environ 70.000 personnes ont fui récemment combats, violences et pillages dans la province du Nord-Kivu (est). "Je demande du respect pour la Belgique", a ajouté le ministre de la Coopération au développement, alors que ni les services du Premier ministre ni le ministère des Affaires étrangères ne souhaitaient commenter les déclarations faites par M. Mende.

M. Michel a souligné qu'il était "partisan d'une relation (belgo-congolaise) fondée sur le respect et le partenariat". "Je plaide pour que l'on envisage des relations tournées vers l'avenir et pas constamment tournées vers le passé", a-t-il poursuivi, rappelant l'effort financier "important" fourni par la Belgique et ses contribuables en faveur de la population congolaise.

"Il ne faut pas que la question des relations avec la Belgique devienne une question constante de politique intérieure congolaise", a encore dit le ministre.

Il a enfin annoncé qu'il avait l'intention d'"inviter" - et non de convoquer - l'ambassadeur congolais en Belgique, Henri Mova Sakanyi, "pour discuter de ce type de déclarations".

M. Mende avait aussi dénoncé le "persiflage" du Premier ministre belge Yves Leterme, venu à Kinshasa avec Albert II et la reine Paola et qui avait critiqué l'argent dépensé pour l'impressionnant défilé de l'armée congolaise le 30 juin, au regard de la "misère" des Congolais. "Comme si plus aucune misère n'existait dans son propre pays avant qu'il (M. Leterme) n'embarque dans un vol spécial Bruxelles-Kinshasa et retour, dont le coût est tout sauf bon marché", a ironisé M. Mende.

Au sujet de la dernière polémique sur les diamants offerts à la reine Paola par l'épouse du président Kabila, Olive Lembe Di Sita, le ministre, qui a confirmé ce "cadeau privé", a évoqué "une campagne de décrédibilisation des institutions congolaises" de la part de la classe politique, tant les gens au pouvoir que de l'opposition et dans les médias.

Le Vif.be, avec Belga

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