RDC: accusations de corruption à la BGFI qualifiées de "montages grossiers" par le pouvoir

01/11/16 à 22:59 - Mise à jour à 23:01

Source: Belga

(Belga) La présidence de la République démocratique du Congo a qualifié de "montages grossiers" les révélations faites le week end dernier par le journal Le Soir sur de présumées malversations financières dans une banque tenue par un proche du président Joseph Kabila.

Selon Le Soir, des documents compromettants ont été déposés dans sa rédaction par un homme qu'il présente comme un petit fils de l'ancien Premier ministre Patrice-Emery Lumumba. L'article fait état de plusieurs transactions impliquant directement des proches de M. Kabila et qui s'apparentent à des détournements portants sur plusieurs millions de dollars destinés à l'organisation des élections dont la présidentielle initialement prévu avant la fin de l'année. Des documents publiés accusent la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) d'avoir effectué des opérations financières "douteuses". "Ce sont des montages grossiers et ridicules pour tout simplement nuire aux autorités" congolaises, a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Kambila, directeur de cabinet adjoint du président Kabila. "Aucun détournement, aucune infraction dans les révélations" de Jean-Jacques Lumumba, ex-employé de la BGFI Bank cité par Le Soir, a-t-il ajouté. "La Céni dénonce les liens établis abusivement entre les transactions effectuées à BGFI Bank et la non-tenue des élections. C'est un discours malhonnête", a déclaré pour sa part à l'AFP Corneille Nangaa, président de la Céni. Cette affaire surgit alors que la RDC est minée par une crise politique liée au report à avril 2018 de la présidentielle qui devait se tenir avant la fin de cette année. La majeure partie de l'opposition congolaise exige le départ de M. Kabila à la fin de son mandat le 20 décembre. La BGFI est une banque dirigée par un proche du chef de l'Etat congolais et réputée proche des hommes du pouvoir. Dans son "éditorial", la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) a fait valoir que "la culture du cash" est une pratique courante en RDC. Pour ce média public, "au-delà d'un complot contre les institutions", les révélations du journal belge est un "complot contre le peuple congolais" mû par des "méthode impérialiste". Deux organisations congolaises ont appelé le procureur général de la République à ouvrir une enquête sur cette affaire. Le sénateur d'opposition Jacques Djoli a appelé à l'institution rapide d'une "commission d'enquête parlementaire pour faire toute la lumière" en vue de donner "une suite judiciaire." (Belga)

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