RD Congo: le gouvernement renvoie l'opposant Katumbi "à ses études"

07/07/16 à 13:41 - Mise à jour à 13:41

Source: Belga

(Belga) Le gouvernement de Kinshasa a renvoyé jeudi "à ses études" l'opposant Moïse Katumbi, reprochant son "ignorance" à ce candidat à la présidentielle censée avoir lieu cette année en République démocratique du Congo.

RD Congo: le gouvernement renvoie l'opposant Katumbi "à ses études"

RD Congo: le gouvernement renvoie l'opposant Katumbi "à ses études" © BELGA

M. Katumbi "devrait retourner à ses études", a déclaré le porte-parole du gouvernement Lambert Mende lors d'une conférence de presse à Kinshasa, "devant l'ignorance, on doit éprouver une certaine gêne, sinon de la pitié". Sous la menace d'un procès pour atteinte à la sûreté de l'État, M. Katumbi a argué être malade pour quitter la RDC en mai, avec l'accord des autorités judiciaires. En juin, il a été condamné par un tribunal à trois ans de prison ferme dans une affaire de fraude immobilière. Ses avocats ont interjeté appel. Le Congo est sorti de deux guerres l'ayant dévasté entre 1997 et 2003 par une transition politique ayant consacré en 2006 le pouvoir de M. Kabila lors des premières élections libres organisées dans le pays depuis son indépendance en 1960. La RDC est retombée dans la crise politique avec la réélection contestée de M. Kabila en novembre 2011, et sa partie orientale reste déchirée par la violence de conflits armés qu'elle subit depuis plus de vingt ans. Alors que la majorité annonce clairement qu'il n'y aura pas de présidentielle cette année, faute de moyens, M. Kabila a appelé toutes les composantes politiques et sociales congolaises à un dialogue en vue d'"élections apaisées" mais retardées. La majeure partie de l'opposition -dont M. Katumbi- accuse M. Kabila de chercher à violer l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter, et refuse de participer à ce dialogue. Devant l'impasse qui semble se profiler, les bailleurs de fonds et les chancelleries qui soutiennent à bout de bras les efforts de redressement du pays s'inquiètent d'un retour au chaos. (Belga)

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