Radicalisme: "Les recruteurs opèrent comme beaucoup d'autres réseaux criminels"

19/01/15 à 20:15 - Mise à jour à 12/05/15 à 19:58

Source: Belga

Pour le professeur en criminologie, Lieven Pauwels, il y a des similitudes entre musulmans radicalisés et bandes criminelles.

Radicalisme: "Les recruteurs opèrent comme beaucoup d'autres réseaux criminels"

Un combattant de l'Etat islamique. © Reuters

Lieven Pauwels, professeur en criminologie de l'Université de Gand, spécialisé dans le phénomène d'extrémisme violent, voit de nombreuses similitudes entre les bandes de jeunes musulmans radicalisés, les bandes de jeunes, et celles de motocyclistes violents, à commencer par les techniques auxquelles ils recourent pour transformer leur mécontentement en haine, a-t-il expliqué lundi lors de la première réunion de la commission du parlement flamand consacrée à la lutte contre le radicalisme violent.

De son côté le directeur de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM), André Vandoren, a affirmé devant les députés de la commission qu'il n'y avait actuellement aucune raison de relever le niveau de la menace.

Pour Lieven Pauwels, la génération actuelle n'est pas plus affectée que les précédentes par l'extrémisme, "un phénomène de tous les temps" qui touche chaque génération sous une forme ou l'autre.

Selon le professeur en criminologie, les recruteurs utilisent des techniques très abordables pour attirer les jeunes gens. "Ils traînent autour des écoles et des mosquées et les accostent en demandant par exemple à un jeune homme musclé s'il ne ferait pas mieux d'engager son physique en Syrie. Ce n'est pas d'une autre manière que beaucoup d'autres réseaux criminels opèrent", a-t-il notamment expliqué.

Pour M. Pauwels, les recruteurs transforment une insatisfaction déjà existante chez les jeunes, en une haine et un rejet de la société. "Nous devons tenter d'écarter le fond qui alimente cette insatisfaction et y travailler le plus possible individuellement, parce que cela se présente autrement chez chaque personne. A côté de cela, nous devons veiller à ce que les jeunes soient mieux intégrés. S'ils ont quelque chose à perdre, l'insatisfaction se transformera moins vite en haine", a-t-il ajouté.

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