Radicalisation: quand un réseau social extrémiste dépasse le réseau familial

21/03/16 à 07:17 - Mise à jour à 07:17

Source: Belga

(Belga) Johan Leman, docteur en anthropologie sociale et culturelle, se penche dans un article publié lundi dans la revue Justice & Sécurité, sur le processus menant des jeunes à partir faire le djihad. "Un processus qui, en fin de compte, entretient moins de relations qu'on ne pourrait le penser avec les structures de l'islam de Belgique et avec la religion elle-même."

Radicalisation: quand un réseau social extrémiste dépasse le réseau familial

Radicalisation: quand un réseau social extrémiste dépasse le réseau familial © BELGA

Le professeur émérite à la KU Leuven s'appuie entre autres sur des interviews de parents ou amis de 20 jeunes partis, ou sur le point de le faire, menées d'octobre 2014 à janvier 2015, ainsi que sur des articles littéraires. L'auteur mentionne notamment un livre de T. Fraihi publié en 2015. Ce dernier, qui travaille pour l'Ocam, évoque comme motifs possibles de départ vers la Syrie les idées salafistes, l'image de la Syrie véhiculée par les médias (sociaux), l'opportunisme ainsi que la pression. L'absence d'autorité sur le plan familial ou des problèmes financiers peuvent aussi motiver le choix d'un "djihadisme militaire militant". L'auteur de l'article identifie quatre "générations" chez les jeunes radicalisés ces dernières années: la génération "Sharia4Belgium", en 2012, composée "de quelques petits délinquants", une génération en 2013 de "jeunes sans doctrine attirés par l'aventure", une autre qui compte de plus en plus de femmes "à la recherche d'une vie dans le califat" (2014), puis, plus récemment, celle de personnes qui "souhaitent visiblement une mort héroïque". "À un moment donné, mon neveu s'est tourné, en tant que musulman, vers une expérience plus intense de l'islam. (...) Au début d'une telle conversion, le risque est alors de voir, en toute personne, un incroyant", raconte une des personnes interrogées. Pour celui qui se laisse séduire, "commence (...) un processus d'(auto)isolement mental et physique", avant l'arrivée du recruteur. "Les liens émotionnels avec la famille et surtout la mère sont coupés. C'est un deuxième moment déclencheur." "En attendant, on ne sait pas avec quelle efficacité le djihad territorial deviendra un djihad global. Ni pendant combien de temps les grandes puissances laisseront faire", conclut Johan Leman. (Belga)

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