Quelle alternative pour les élèves dispensés des cours de morale/religion?

04/05/15 à 11:01 - Mise à jour à 05/05/15 à 10:46

Source: Le Soir

C'est le chaos dans le débat sur l'alternative au cours de religion/morale depuis que la Cour constitutionnelle a jugé le 25 mars dernier que les réseaux publics (Communauté, communes, provinces) ne pouvaient forcer les parents (ou l'élève majeur) à choisir entre ces deux cours. En cas de dispense, le temps libre serait alloué à un travail sur la citoyenneté.

Quelle alternative pour les élèves dispensés des cours de morale/religion?

© Reuters

Afin de préparer l'organisation de la rentrée 2015-2016, la ministre en charge de l'enseignement, Joëlle Milquet (CDH), sonde les parents jusqu'au 13 mai, afin de savoir si leur enfant opte pour le cours de religion ou de morale ou s'il demande une dispense. Le choix définitif doit se faire pour la fin juin.

En primaire, comme le révèle Le Soir, les demandes de dispense sont pour le moment peu nombreuses alors que la courbe s'envole dans certaines classes de secondaire. "En prenant de l'âge, l'élève prend de l'aplomb et peut forcer la main des parents. Et les ados auront sans doute été séduits par l'idée (qui vécut un temps) que la dispense leur offrirait 2x50 minutes de quiétude à l'étude", souligne Le Soir. Dans certaines classes de morale de 2e et 3e degrés du secondaire, les demandes de dispense sont très importantes. Un préfet a notamment signalé que les demandes de dispense atteignaient 1/3 d'une classe.

Quel cours pour les dispensés?

Comment sera dès lors occupé l'élève dispensé de ces cours ? Une première hypothèse, formulée dans le cas où les dispenses seraient rares, était bien qu'une étude soit organisée pour accueillir ces élèves. Mais depuis, les choses ont changé. Une alternative est proposée, mais ses contours sont encore assez flous. On parle d'un "cours de citoyenneté", qui sera évalué pour éviter les différences de traitement entre les élèves.

Le Soir a pu prendre connaissance de la note d'orientation que la ministre déposera au gouvernement de la Communauté la semaine prochaine. Elle se formule pour l'instant en quatre volets. Elle propose un cours différent pour les 5 et 6e primaires et les autres années de la scolarité primaire et secondaire.

Pour les 5 et 6e primaires , la ministre propose:

1. "La préparation et rédaction, par l'élève ou un groupe d'élèves, pendant le premier semestre, de deux contributions écrites approfondies, à remettre avant la fin décembre, établie sur base de documents, livres ou recherches sur un sujet" lié à la citoyenneté.

2. "La présentation orale par l'élève devant le groupe, pendant le second semestre, d'un second sujet relevant de la citoyenneté."

3. "La lecture, durant le cours, de livres, articles ou documents relevant de la citoyenneté et la réponse par écrit ou oralement à des questionnaires sur leur contenu et les débats posés."

4. Le cours peut "en outre comprendre le visionnage de reportages documentaires ou émissions liés à la citoyenneté (...) suivis de questionnaires ou débats sur leur contenu, la participation à des activités ou initiatives citoyennes dans l'établissement ou à l'extérieur de celui-ci, la participation à des activités communes avec d'autres classes ou groupes d'élèves, la participation à des activités communes avec les élèves relevants des cours de religion ou morale (...)"

Pour les quatre premières primaires et les années du secondaire, la ministre reprend les mêmes idées, mais en les développant un peu moins.

Qui donnera ce cours de citoyenneté ?

Reste encore à déterminer qui donnera cette "nouvelle" matière. A l'heure actuelle, rien n'est établi et ce flou semble créer un certain chaos, voire malaise dans les écoles concernées. Sera-t-elle confiée aux enseignants mis en disponibilité par défaut d'emploi ou bien aux autres profs de religion/morale, en tournante ? Autre piste envisagée : faire contribuer d'autres profs de l'école, en charge des cours généraux, afin de compléter leur horaire en encadrant les dispensés. Et dans ce cas, le risque existe que des professeurs perdent des heures et même leur emploi. Nul doute que les syndicats sont sur la défensive si ce cas de figure devait se présenter.

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