PS : comment il a fallu recaser en masse

28/10/14 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Source: Belga

En Belgique, à chaque législature, une vague de collaborateurs des cabinets se substitue à une autre. Cet automne, c'est au PS qu'il a fallu " recaser ". Enquête.

PS : comment il a fallu recaser en masse

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"Un bon ministre est celui qui a recasé tous ses conseillers et se retrouve seul dans son ministère le jour de la passation de pouvoir", déclare Laurette Onkelinx, ancienne ministre socialiste des Affaires sociales et de la Santé. En ce début de législature et surtout de changement de majorité, pas évident pour les collaborateurs de cabinet, stricto sensu, qui ont un statut particulier puisque leur fonction prend fin en même temps que le mandat du ministre qui les a recrutés. De fait, cette fois, les socialistes perdent quatre cabinets fédéraux. Il s'agit pour presque une centaine de personnes, qui n'ont aucune chance d'être récupérés par la nouvelle équipe dirigeante, de trouver un point de chute. Les places sont donc plus rares. Reste que c'est bien au PS (davantage que chez Ecolo, par exemple), un parti qui dispose de nombreux relais dans l'administration et ailleurs, qu'il est plus facile de retrouver un emploi après une expérience en cabinet. Soit, en principe, trois "filières" de "recasage" : l'administration très souvent, les cabinets régionaux et l'Institut Emile Vandervelde.

Peu de collaborateurs proviennent vraiment du privé. Et ceux qui retombent le plus facilement sur leurs pieds sont sans doute les fonctionnaires : ils rempilent le plus souvent dans leur service d'origine, voire bénéficient de passerelles au sein du secteur public. Au 16, par exemple, Serge Bodart, juge détaché comme conseiller justice, asile et migration, est reparti au Conseil d'Etat en juillet dernier. Quant à Jean-Joël Schittecatte, directeur de cabinet adjoint et conseiller diplomatique du Premier ministre, consul général de Belgique d'abord à Mumbaï, puis à Istanbul, il devrait continuer à servir la fonction publique et réintégrer le service public fédéral Affaires étrangères. Quelques-uns avaient déjà fait leurs cartons, juste après le scrutin, pour un poste plus ou moins stratégique à la tête d'une administration. Des exemples ? En juin dernier, c'était Pascal Petry, 44 ans, conseiller sécurité chez Elio Di Rupo, qui était parachuté numéro deux des services civils de renseignement, un poste taillé sur mesure. De même que Vincent Magnée, 43 ans, conseiller budget débauché à la Cour des comptes, a pris, lui, la direction de la Banque Nationale.

Les cabinets socialistes des entités fédérées servent également de cellules de recyclage. Ainsi Jean-Marc Liétart, dircab-adjoint et toujours directeur financier du parti, dont le nom a été suggéré pour rempiler à la Fédération Wallonie-Bruxelles, au côté de Rudy Demotte. Ou Pierre Provost, 36 ans, lui aussi dircab-adjoint qui devient chef cab de la ministre-présidente... de la Commission communautaire française (Cocof) Fadila Laanan. Un poste quasi invisible pour ce jeune économiste dont il se dit qu'il est l'un des plus brillants esprits du PS (il a négocié la nouvelle loi de financement). "C'est un métier à forte rétribution symbolique, mais une expérience difficile à revendre dans le privé. Or nos profils sont une plus-value : savoir négocier, réaliser des compromis, établir un réseau... Ce serait dommage de ne pas en profiter", ironise Jean-Marc Liétart.

Quant à la garde rapprochée d'Elio Di Rupo, elle le suit directement au siège du PS, boulevard de l'Empereur. Il s'agit généralement de conseillers avec lesquels il entretient les meilleures relations.

Le dossier intégral dans Le Vif/L'Express de cette semaine

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