Propos de Jan Jambon - L'opposition attend les explications du ministre, voire du premier ministre

18/04/16 à 19:24 - Mise à jour à 19:24

Source: Belga

(Belga) Les déclarations du premier ministre Charles Michel et les précisions apportées par le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, à ses propos sur les réactions d'une partie de la communauté musulmane aux attentats du 22 mars n'ont pas apaisé l'opposition, ni une série d'organisations. Ecologistes, socialistes et démocrates humanistes attendent les explications de M. Jambon, voire celles du premier ministre.

Propos de Jan Jambon - L'opposition attend les explications du ministre, voire du premier ministre

Propos de Jan Jambon - L'opposition attend les explications du ministre, voire du premier ministre © BELGA

La Commission de l'Intérieur de la Chambre se réunit mercredi à 14h15. Le ministre de l'Intérieur est attendu pour répondre à une série de questions déposées de longue date. Le chef de groupe Ecolo, Jean-Marc Nollet, entend toutefois que la séance commence par des explications sur les déclarations du week-end. Il est rejoint par le cdH, qui veut aussi entendre le premier ministre, et le PS qui comme Ecolo demande des excuses. "Des excuses de Jambon? C'est un minimum. Il faut aussi une condamnation explicite de Charles Michel, sinon il cautionne", a déclaré Ahmed Laaouej (PS) sur twitter. De son côté, le PTB n'a pas hésité à parler de "mensonges" et de "racisme". Le monde associatif est également en ébulition. Le Mouvement pour le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) ainsi que le le Collectif contre l'islamophobie en Belgique (CCIB) envisagent le dépôt d'une plainte. L'activiste et intellectuel flamand Dyab Abouh Jahjah, à la tête du "Movement X", a franchi le pas en se rendant dans un commissariat lundi après-midi. Dans la sphère institutionnelle, si le centre interfédéral pour l'égalité des chances Unia n'introduira pas d'action en justice, il demande toutefois au ministre d'étayer ses propos avec des faits et rappelle le devoir d'exemplarité des personnalités publiques. "Si ces propos sont avérés, c'est très problématique pour notre société. Si non, ces propos sont préoccupants pour un ministre dont le rôle est de protéger tous les citoyens, y compris les musulmans", a-t-il déclaré. Les déclarations du vice-premier ministre N-VA ont eu un retentissement hors des frontières du royaume. En France, un éditorialiste d'i-Télé, une chaîne d'information dépendant de Canal+, a mis en cause "une partie de l'extrême droite" qui était "au pouvoir" en Belgique. Une journaliste du Wall Street Journal s'est quant à elle demandée si M. Jambon s'inspirait de Donald Trump qui a affirmé que des "milliers de personnes avaient acclamé" à Jersey City (New Jersey) l'attaque du World Trade Center le 11 septembre 2001. Dans un entretien publié samedi dans "De Standaard", la veille de la marche à la mémoire des victimes des attentats du 22 mars, M. Jambon a affirmé qu'une "partie significative" des musulmans de Belgique avait "dansé" à l'annonce des attaques. Il a soutenu qu'il s'appuyait sur des faits avant d'affirmer qu'il n'avait jamais évoqué de danse. L'un des journalistes auteurs de l'interview a néanmoins fait savoir que celle-ci avait été entièrement autorisée et que les modifications demandées avaient été faites. Dès dimanche, le premier ministre a confirmé qu'il y avait eu "des expressions de soutien aux auteurs des attentats", tout en précisant qu'il "s'agissait d'actes provenant de personnes minoritaires", et qu'il ne convenait "pas de faire des généralisations", ce que ne faisait pas, selon lui, M. Jambon. (Belga)

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