Projet de résolution US pour un mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques

09/04/18 à 18:04 - Mise à jour à 18:05

Source: Belga

(Belga) Les Etats-Unis ont fait circuler lundi à l'ONU un projet de résolution réclamant la création d'un nouveau "mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies" (Unimi) sur le recours aux armes chimiques en Syrie.

Ce nouvel outil d'investigation des Nations unies aurait un mandat initial d'un an, renouvelable. L'ONU n'a plus d'organisme d'enquête dédié aux attaques chimiques en Syrie depuis la disparition fin 2017 du JIM, un groupe ONU-OIAC (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) dont le mandat n'a pas été renouvelé en raison de plusieurs veto russes. Le nouveau projet de texte américain se veut être une combinaison de deux textes antagonistes datant de mars, l'un américain, l'autre russe, qui avaient circulé entre les membres du Conseil de sécurité. Aucun des deux projets, menacé pour le premier d'un veto russe, pour le second de n'avoir pas le minimum de neuf voix requises pour être adopté, n'avait eu de suites. Le nouveau texte proposé par les Etats-Unis reprend plusieurs paragraphes agréés par les 15 et des modifications réclamées par la Russie, proche soutien du régime syrien. De nouveaux ajouts portent notamment sur l'attaque à l'arme chimique présumée commise samedi à Douma, dans la Ghouta orientale près de Damas. Le projet américain souligne que le Conseil de sécurité exprime "son horreur" au sujet de cette attaque du 7 avril et prévoit que les responsables de "tout recours à des armes chimiques devront rendre des comptes". Le texte ajoute que le Conseil de sécurité "condamne dans les termes les plus forts" l'utilisation présumée et répétée des armes chimiques en Syrie, "en particulier l'attaque à Douma du 7 avril". La Russie a démenti toute utilisation par le régime syrien d'armes chimiques samedi dernier. La mise en circulation du nouveau texte américain survient quelques heures avant une réunion d'urgence sur la Syrie du Conseil de sécurité, convoquée à 19H00 GMT, à la demande de neuf pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Koweït, Suède, Pologne, Pérou, Pays-Bas et Côte d'Ivoire). "Le Conseil de sécurité doit s'unir pour exiger un accès immédiat pour les secouristes, soutenir une enquête indépendante sur ce qui s'est passé, et tenir pour responsables les auteurs de cet acte atroce", avait fait valoir dimanche l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. Selon les Casques Blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society, 48 personnes ont péri dans l'attaque samedi à Douma et des centaines ont souffert de "difficultés respiratoires". (Belga)

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