Procès des pirates somaliens: confiscation de 13 millions d'euros impossible à cause d'un oubli du ministère public

14/03/16 à 12:10 - Mise à jour à 12:10

Source: Belga

(Belga) Le tribunal correctionnel de Bruges a condamné par défaut le roi des pirates somaliens Mohamed Abdi Hassan (58 ans) à 20 ans de prison pour avoir détourné le navire belge Pompei en 2009. Son complice Mohamed Moalin-Aden (44 ans) s'est quant à lui vu infliger une peine de 5 ans pour son rôle dans l'organisation criminelle, mais a été acquitté pour le détournement du bateau. En raison d'un oubli de la part du ministère public, les bénéfices des pirates liés au détournement, allant jusqu'à 13 millions d'euros, ne peuvent pas être confisqués.

Procès des pirates somaliens: confiscation de 13 millions d'euros impossible à cause d'un oubli du ministère public

Procès des pirates somaliens: confiscation de 13 millions d'euros impossible à cause d'un oubli du ministère public © BELGA

Le 18 avril 2009, le Pompei se trouvait au large de la Somalie, en route vers l'Afrique du Sud pour y réaliser des travaux de dragage. Les 10 membres d'équipage ont été pris en otage pendant plus de 70 jours par des pirates somaliens. Ces derniers sont parvenus à obtenir une rançon d'environ deux millions d'euros. Mohamed Abdi Hassan, surnommé Afweyne, était considéré par le parquet comme l'organisateur de la prise d'otage. En octobre 2013, les enquêteurs sont parvenus à le faire venir en Belgique grâce à un projet fictif de film sur la piraterie. Il avait été arrêté dès son arrivée à Zaventem avec Mohamed Moalin-Aden, le gouverneur d'une région autonome de Somalie. Pendant son réquisitoire en septembre 2015, la procureur fédéral Marianne Cappelle avait reproché aux prévenus d'être uniquement attirés par le profit. "Afweyne est un gangster de la pire espèce. Tiiceey n'est peut-être pas violent, mais veut être riche à tout prix. Je réclame 10 millions d'euros pour Afweyne et 3 millions pour Tiiceey de confiscation exceptionnelle." La défense avait immédiatement fait remarquer qu'il n'était pas question de confiscation dans la réquisition écrite formulée par le ministère public. Le procureur avait proposé d'inscrire rapidement les montants "sur un carton de bière si nécessaire". Finalement, il avait été convenu de prévoir une réquisition écrite de la confiscation lors de la séance suivante, en janvier 2016, mais cela n'a jamais été fait. Le tribunal n'a dès lors pas pu débattre des bénéfices des pirates somaliens dans son jugement de lundi. (Belga)

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