Procès De Gelder : "Vous avez votre page Wikipédia"

12/03/13 à 17:52 - Mise à jour à 17:52

Source: Le Vif

Retardé à cause des intempéries, le procès de Gelder n'a commencé qu'à 11h30. Aujourd'hui encore, les parents des enfants apportent leurs témoignages. Le père d'un petit garçon s'en est pris vivement à De Gelder.

Procès De Gelder : "Vous avez votre page Wikipédia"

© Belga

Kathleen De Vliegher est la première maman à témoigner. Son fils avait 11 mois au moment des faits. Comme les parents hier, elle exprime sa gratitude à l'égard des puéricultrices : "Je suis très reconnaissante aux puéricultrices. Je ne trouve pas qu'elles doivent éprouver un sentiment de culpabilité. Elles ont risqué leur vie pour protéger nos enfants". Quand elle voit les cicatrices de son fils, elle pense "aux enfants qui ne sont plus là". Elle se demande pourquoi ils ont eu autant de chance.

Ensuite, c'est au tour de Koen De Landtsheer et Els De Saeger, les parents d'une petite fille d'un peu plus de deux ans au moment du drame de faire leur récit. Eux aussi expriment leur reconnaissance vis-à-vis des "tantekes", les puéricultrices : "Elles ont littéralement pris les premiers coups, ce qui a brisé le couteau et a permis de faire moins de victimes".

Davy Van Schoor et Vanessa Smet expliquent les séquelles dont a souffert leur fils âge de sept mois lors du drame : "Parfois, il se réfugiait dans un coin, il tremblait et pleurait sans faire de bruit en se couvrant les oreilles. Nous avons suivi un traitement auprès d'une psychologue". À leur tour ils louent le courage du personnel de la crèche : "Elles resteront nos héroïnes". Puis, le père du petit garçon s'adresse à l'accusé: "D'après moi, vous n'aviez pas de mobile. Vous vouliez une place dans l'histoire. C'est réussi. Vous avez votre page Wikipédia. Vous êtes le plus grand lâche".

Après une courte pause, c'est au tour de José Fernando Teixeira da Silva et Anja Fierens, les parents d'une fillette grièvement blessée, d'apporter leur témoignage. Le couple raconte le calvaire vécu par la petite qui n'avait que quatre mois lors de son agression. "Elle a lutté pour sa vie. Elle a dû se déshabituer de la cortisone comme une droguée. Nous devions nous taire, nous ne pouvions pas la toucher (...). Elle avait perdu son réflexe d'avaler, il fallait la nourrir goutte par goutte. (...) Elle a passé des heures et des mois chez une logopédiste afin d'apprendre à avaler. Je n'osais pas lui donner de biberon. Nous étions au désespoir". Finalement, les parents remercient le personnel de l'hôpital d'avoir sauvé la vie de leur fille.

À l'issue de la pause de midi, les "témoins de moralité" ouvrent l'audience: ceux-ci décrivent le caractère des puéricultrices, leur courage au moment des faits ainsi que les séquelles laissées par le drame. Leurs témoignages rejoignent les récits des proches de celles-ci.

Denis De Nijs et Carolien De Man sont les parents suivants à apporter leur version des faits. Leur petite fille, âgée de deux ans et deux mois au moment des faits, est restée indemne. Eux aussi remercient les puéricultrices de Fabeltjesland.

Wim Behiels et Liesbet Van Droogenbroeck, les parents d'une autre fillette indemne, témoignent également de leur gratitude à l'égard des puéricultrices: "Nous sommes reconnaissants et soulagés et éprouvons de l'humilité vis-à-vis du profond chagrin d'autres personnes".

Bart Van Belle, papa d'une enfant de quinze mois et journaliste au Standaard, est le dernier témoin à faire son récit : "Notre fille n'a rien remarqué des faits eux-mêmes, elle a continué à dormir". Van Belle lit une note de son épouse : "Je ne viens pas témoigner aujourd'hui parce que ma souffrance ne représente rien comparée à celle des autres".

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