Procès De Gelder : le "junkie de l'attention" se fait à nouveau remarquer

20/03/13 à 19:08 - Mise à jour à 19:08

Source: Le Vif

Les plaidoiries et réquisitoires à charge de Kim De Gelder ont pris fin mercredi, avec une dernière escarmouche entre l'accusé et le président de la cour d'assises de Flandre orientale.

Procès De Gelder : le "junkie de l'attention" se fait à nouveau remarquer

© Image Globe

Les avocats des parties civiles ont rejeté l'hypothèse de la schizophrénie soutenue par la défense, tandis que l'avocat général accolait, dans son réquisitoire, le terme de "psychopathe" au nom de "Kim De Vergelder (Kim le Vengeur)".

Dans l'après-midi, les deux derniers avocats des parties civiles à prendre la parole ont avoué avoir longtemps douté de la responsabilité pénale de l'accusé. "J'ai douté, mais je ne doute plus: un comportement bizarre ne fait pas de l'accusé un psychotique", a déclaré Kris Luyckx. "Nous ne pouvons pas demander d'intervention divine pour faire sortir l'esprit du corps de Kim De Gelder. Il n'est pas question de schizophrénie, il n'y a donc pas d'esprit. Ce que nous pouvons faire, c'est enfermer cet homme pour longtemps."

Walter Damen a ensuite tenté de démontrer que ses clients, une famille absente lorsque Kim De Gelder est venu frapper à sa porte, ont bien été victimes d'une tentative d'assassinat. "Mes clients ont sans doute subi le moins de dégâts: pas de dégâts matériels, ni de dégâts physiques. Ils doivent simplement vivre avec ça." L'avocat s'est dit convaincu que, si ses clients avaient été tués, Elza Van Raemdonck ne serait morte. "Il a dit qu'il avait besoin de s'entraîner, de voir si c'était facile et ce que ça faisait de tuer."

L'avocat général Yves Van Den Berge a qualifié Kim De Gelder de psychopathe, détaillant son manque d'empathie et de sympathie envers les autres, sa tendance à tout ramener à lui, mû par la satisfaction de ses envies, imprévisible. "Le collège d'experts-psychiatres a fourni un travail très honnête en disant qu'il souffre d'un trouble mental assez sévère, sans toutefois que cela affecte sa faculté de jugement."

Yves Van Den Berge a reconnu avoir pensé, le 23 janvier 2009, que la tuerie avait été commise par un fou, avant que l'attitude de Kim De Gelder le détrompe, dès le soir même. "Je ne changerais pas un mot à l'acte d'accusation que j'ai lu le premier jour. Il manque cependant une observation que je m'étais faite, et qui a été confortée pendant ces semaines de procès: c'est cette impression de faire face à un psychopathe."

Alors qu'il commençait son réquisitoire, Yves Van Den Berge a été interrompu par le président Koen Defoort, qui a rappelé Kim De Gelder à l'ordre. "Puis-je vous demander de ne pas perturber l'audience? ", a-t-il lancé. "Mais je ne dis rien! Et tout le monde écoute l'avocat général", a rétorqué l'accusé.

En matinée, l'avocate Nina Van Eeckhaut avait stigmatisé "ce junkie de l'attention", enfant-roi trop choyé par ses parents.

Jeudi, la cour entendra la plaidoirie de l'avocat de la défense, Jaak Haentjens, avant les répliques dans l'après-midi.

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