Procès Bernard Wesphael - Un QI de 83 est sous-évalué par rapport à ses capacités réelles

27/09/16 à 16:48 - Mise à jour à 16:50

Source: Belga

(Belga) Après l'expert mandaté par la juge d'instruction et les conseils techniques de la défense, c'était au tour du collège d'experts désigné par le président, composé de deux psychiatres et un psychologue, ainsi que d'un professeur d'université, d'exposer le résultats de leurs analyses.

Procès Bernard Wesphael - Un QI de 83 est sous-évalué par rapport à ses capacités réelles

Procès Bernard Wesphael - Un QI de 83 est sous-évalué par rapport à ses capacités réelles © BELGA

Pour le professeur Pham, le score de 96 obtenu par l'accusé lors d'un second test de QI correspond davantage au fonctionnement cognitif de l'accusé que celui de 83. Le professeur pointe que Bernard Wesphael était dans un état de stress important au moment du premier test, ce qui n'est jamais optimal. De plus, l'accusé n'est pas atteint d'alexithymie, car il n'a pas de difficultés à identifier ses émotions et à les exprimer. L'un des experts a encore souligné qu'on ne retrouve pas, chez Bernard Wesphael, de troubles de la personnalité. "Ce qu'on retrouve, c'est de traits histrioniques", auxquels est lié le théâtralisme que l'on peut noter chez lui. Ces traits n'atteignent toutefois pas le seuil pathologique. On perçoit des "préoccupations somatiques, du ressentiment, mais qui sont plutôt liés à la situation". Aucun état dépressif majeur n'a été relevé dans le chef de l'accusé, mais on relève "la présence de ruminations moroses, de vécu dépressif", à mettre également en perspective avec la situation. Le collège d'experts tend aussi à penser qu'il n'y a pas de troubles mentaux majeurs et pathologiques chez l'accusé, ni de déficit intellectuel. Il n'est pas dangereux pour la société. Le professeur Pham est enfin revenu sur la méthodologie employée par son confrère, le Dr. Hellebuyck, mandaté par la juge d'instruction, qui a eu selon lui tendance effectuer une mesure très spécifique de la personnalité de l'accusé, sans essayer de voir plus large et de mesurer ses fonctions cognitives. "Il s'est concentré sur les traits caractéristiques de la psychopathie, alors qu'il conclut qu'elle ne se présente pas." "Pourquoi dès lors insister autant sur le mensonge pathologique et la manipulation" chez l'accusé? "Il laisse sous-entendre que des traits narcissiques et manipulateurs, couplés à une vie dense sur le plan conjugal et interpersonnel sont des traits potentiellement criminogènes", souligne le professeur, ce qui n'est pas clairement déterminé dans la littérature scientifique. La lecture du Dr. Hellebuyck donne trop d'importance "à la facette manipulatrice et au mensonge et a tendance à faire coïncider ces deux facettes avec un risque de comportements violents". Un échange a ensuite suivi autour du terme de déni. Pour certains experts, le déni est symptomatique de la psychose. D'après le professeur Pham, il peut cependant être évolutif. La question de la différence entre le déni et la négation a également été posée. Pour Bernard Wesphael, "des clarifications très importantes ont été apportées aujourd'hui", a-t-il déclaré à l'issue de l'audition des experts. (Belga)

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