Prix Nobel de la Paix : fiers d'être européens

12/10/12 à 11:37 - Mise à jour à 11:37

Source: Le Vif

Les Sages norvégiens rappellent ce que l'Union européenne a apporté dans la pacification du continent. Opportun en cette période de crise où la solidarité est mise à mal.

Prix Nobel de la Paix : fiers d'être européens

© Image Globe

L'année dernière en plein soulèvement des peuples arabes, le Comité Nobel avait ancré le prix de la Paix dans l'actualité en désignant l'activiste yéménite Tawakkul Karman lauréate aux côtés d'une militante des droits de l'homme et de la présidente du Liberia. Cette année, c'est une action de bien plus longue haleine que les Sages d'Oslo ont honorée en sacrant l'Union européenne. Ce n'est pas ces douze derniers mois que les 27 ont particulièrement oeuvré à la paix. Ils ont tenté tant bien que mal de se dépêtrer de la crise de la dette dans laquelle ils sont plongés ; ils ont dû imposer des mesures drastiques d'austérité à leurs membres les plus laxistes sur le plan budgétaire ; ils ont été quasi inexistants dans le règlement du conflit syrien et impuissants à empêcher la progression des islamistes radicaux dans le Sahel.

Mais en cette période de crise qui favorise le repli sur soi, la désignation de boucs émissaires et donc la critique facile de l'Union européenne, il n'est sans doute pas anodin que le comité Nobel ait jugé opportun de rappeler tout ce que l'édification européenne a apporté dans la pacification du continent après la Second Guerre mondiale, le rapprochement entre les belligérants d'hier et l'inclusion des Etats issus du Bloc communiste. Le message est d'autant plus savoureux qu'il émane de personnalités d'un pays, la Norvège, dont la population, jalouse sans doute des privilèges que lui octroie la manne pétrolière, a préféré à deux reprises décliner par référendum la proposition de rejoindre le cénacle européen.

Car le projet européen est profondément marqué par la solidarité. Au-delà des progrès en faveur de la paix en Europe, on peut supposer que le Comité Nobel a aussi voulu encourager les 27 à oeuvrer dans cette voie, singulièrement en cette période de crise économique où le sort des Grecs n'est pas semblable à celui des Finlandais.

Enfin, ce n'est pas faire montre de chauvinisme déplacé que d'affirmer que ce prix Nobel, c'est aussi à quelques responsables politiques belges que l'Union européenne le doit, du père fondateur Paul-Henri Spaak au président actuel du Conseil européen Herman van Rompuy...

Gérald Papy

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